Trump limoge sa ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem
Donald Trump a annoncé jeudi le renvoi de la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, l'une des figures de proue de la politique d'expulsions massives d'immigrés du président américain.
La ministre, qui se voit confier une mission "d'émissaire spéciale" pour l'Amérique latine, sera remplacée à compter du 31 mars par le sénateur républicain Markwayne Mullin, a précisé Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Selon la presse, Donald Trump, qui salue les "nombreux et spectaculaires résultats (en particulier sur les frontières)" obtenus par Kristi Noem, aurait pris sa décision après des auditions parlementaires tendues de la ministre, ses premières depuis la mort en janvier à Minneapolis de deux manifestants contre la police de l'immigration (ICE).
Il a été particulièrement ulcéré que Mme Noem ait assuré devant une commission du Sénat puis de la Chambre des représentants avoir obtenu son aval pour une campagne publicitaire de 220 millions de dollars visant à inciter les immigrés à rentrer d'eux-mêmes dans leur pays sans attendre d'être expulsés, expliquent plusieurs médias.
Elle apparaissait personnellement dans cette campagne, y compris à cheval devant le mythique mont Rushmore, dans l'Etat du Dakota du Sud, dont elle est originaire.
- "Terroristes intérieurs" -
Au Congrès cette semaine, la ministre a été notamment interpellée sur les conditions d'attribution de ce contrat publicitaire, ainsi que sa présentation hâtive des deux manifestants, tout juste tués par des policiers fédéraux à Minneapolis, comme des "terroristes intérieurs".
Invitée par des élus démocrates à présenter des excuses aux familles des deux manifestants tués et à rectifier ses propos, Kristi Noem s'est bornée à adresser ses "condoléances" aux familles pour leur mort "tragique", démentant les avoir qualifiés de "terroristes".
"Les agents du ministère de la Sécurité intérieure ont semé le chaos dans nos villes", a accusé le sénateur démocrate Dick Durbin.
"Ils parcourent les rues en tenue paramilitaire et arrêtent et détiennent des gens sur la base de la couleur de leur peau, de leur accent et de la langue qu'ils parlent", a-t-il ajouté.
Fait rare, la ministre a essuyé les critiques de plusieurs élus républicains, dont certains ont même demandé son départ.
"Comment conciliez-vous votre préoccupation pour le gaspillage, que je partage, avec le fait que vous ayez dépensé 220 millions de dollars en spots publicitaires télévisés dans lesquels vous figurez très largement ?", lui a a lancé le sénateur républicain John Kennedy.
La ministre lui a répondu que cette campagne publicitaire avait été "efficace" pour inciter des immigrés à quitter d'eux-mêmes les Etats-Unis.
"Efficaces pour votre notoriété", lui a lancé le sénateur.
Le ministère de la Sécurité intérieure est en situation de paralysie budgétaire depuis mi-février, les démocrates exigeant que les pratiques des agents fédéraux soient réformées de fond en comble.
Donald Trump a érigé la lutte contre l'immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une "invasion" des Etats-Unis par des "criminels venus de l'étranger" et communiquant abondamment sur les expulsions d'immigrés.
Son gouvernement assimile systématiquement criminalité et immigration clandestine et assure viser "les pires des pires" immigrés ayant commis des crimes.
Q.Dupre--PP