Petit Parisien - Hong Kong: des habitants retrouvent leur logement après l'incendie qui a fait 168 morts

Paris -
Hong Kong: des habitants retrouvent leur logement après l'incendie qui a fait 168 morts
Hong Kong: des habitants retrouvent leur logement après l'incendie qui a fait 168 morts / Photo: Peter PARKS - AFP

Hong Kong: des habitants retrouvent leur logement après l'incendie qui a fait 168 morts

Des milliers d'habitants de Hong Kong qui ont perdu leur logement dans un gigantesque incendie l'an dernier commencent à revenir depuis lundi pour la première fois sur place, afin de récupérer ce qu'il reste de leurs affaires.

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L'incendie, le plus meurtrier qu'ait connu la région depuis des décennies, avait fait 168 morts et ravagé sept des huit immeubles d'habitation du complexe Wang Fuk Court en novembre.

Pour la première fois depuis, environ 6.000 résidents disposent de créneaux de trois heures à partir de lundi pour entrer dans leurs logements et récupérer leurs affaires.

Avec 1.700 appartements à inspecter, les autorités espèrent que le processus sera achevé début mai.

Un journaliste de l'AFP a vu d'anciens résidents descendre de bus affrétés par le gouvernement à leur arrivée sur place.

Les autorités leur ont conseillé de se préparer mentalement, les pompiers avertissant que plus de 920 logements avaient été endommagés et certains complètement détruits par l'incendie.

Des images diffusées par les autorités montrent que les plafonds et les murs de certains appartements se sont effondrés ou ont été noircis par les flammes, et que les intérieurs sont jonchés de débris.

Les secteurs endommagés du complexe résidentiel, dans le district de Tai Po à Hong Kong, ont été bouclés en tant que "zones dangereuses", tandis que des travaux de renforcement ont été effectués là où la structure avait été fragilisée.

Masque, casque et gants: les habitants ont pour consigne de revêtir de quoi retrouver leur ancien domicile en minimisant les risques.

Un ancien résident de 50 ans, se présentant simplement comme M. Chung, a dit à la presse avoir rassemblé un tournevis, des ciseaux et des sacs en plastique avant de monter lundi dans les étages pour la première fois depuis l'incendie.

"Une fois que je serai là-haut, certains endroits comme le trou de la serrure seront peut-être pleins de (cendres), et j'ai peur de ne pas avoir les outils (nécessaires) si certaines pièces doivent être démontées", a-t-il ajouté.

- "Temps limité" -

Le survivant Harry Leung, l'un des derniers habitants à avoir quitté le complexe le jour de l'incendie, a dit à l'AFP ressentir des sentiments partagés à l'idée d'y retourner.

Bien qu'il ait hâte de revoir l'appartement où il a passé la majeure partie de sa vie, il affirme être déçu par le temps limité - trois heures - qui lui est accordé.

Les autorités de Hong Kong ont proposé de racheter les appartements à un prix proche de leur valeur de marché avant l'incendie, malgré les dégâts, mais ont indiqué que reconstruire le complexe sur le même site n'était "pas envisageable".

"Je pense qu'il y a en réalité pas mal de gens qui ne veulent pas accepter (l'offre du gouvernement), mais n'ont pas d'autre choix. Ils ont été forcés de l'accepter", a déclaré M. Leung à l'AFP.

"Si j'avais le choix, je ne voudrais vraiment pas partir" de Wang Fuk Court, a-t-il ajouté.

Betty Ho, qui prévoit de retourner en mai dans l'appartement où elle a vécu plus de 30 ans, a déclaré à l'AFP que ce qu'elle souhaite le plus récupérer, ce sont les albums photo de son enfance.

Les "biens de toute une vie" de sa famille se trouvent dans cet immeuble, a-t-elle indiqué.

Après l'incendie - le plus meurtrier dans un complexe résidentiel au monde depuis 1980 - Mme Ho a été relogée dans des hébergements temporaires mis en place pour les résidents de Wang Fuk Court à proximité du site.

Pour l'instant, elle est autorisée à y rester jusqu'à la fin de l'année, mais elle a confié à l'AFP se sentir anxieuse et démunie face à l'incertitude concernant son futur logement.

"Serons-nous expulsés?" a-t-elle demandé. "Où vais-je trouver un endroit où vivre?"

F.Dupuy--PP