Petit Parisien - Coup de théâtre, Cédric Jubillar reconnaît le meurtre de son épouse Delphine

Paris -
Coup de théâtre, Cédric Jubillar reconnaît le meurtre de son épouse Delphine
Coup de théâtre, Cédric Jubillar reconnaît le meurtre de son épouse Delphine / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Coup de théâtre, Cédric Jubillar reconnaît le meurtre de son épouse Delphine

Alors qu'il niait toute implication, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn depuis fin 2020, une changement de ligne de défense qui intervient deux mois avant son procès en appel.

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Cette révélation est consignée dans un courrier manuscrit adressé à son avocat Pierre Debuisson, auquel la Dépêche du Midi a eu accès.

Sollicité par l'AFP, Me Debuisson a confirmé "des aveux" et "son souhait de reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine". L'avocat donnera une conférence de presse lundi à 13h00.

Jusqu'ici, le peintre-plaquiste avait nié toute implication dans la disparition de l'infirmière de 33 ans, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d'assises du Tarn et doit être jugé en appel à partir du 21 septembre, à Toulouse.

- Corps de la disparue -

Outre ses aveux de culpabilité, il se dit prêt à donner des indications sur l'endroit où il a dissimulé le corps.

Au cours de visites au parloir de la prison, Pierre Debuisson dit à la Dépêche du Midi avoir tissé un "lien de confiance" avec lui. "Au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement (...) Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants".

Me Debuisson précise que le peintre-plaquiste poursuivra ses révélations quand il sera entendu par la justice. Dans le courrier transmis à Me Debuisson, il évoque une dispute sans en indiquer les circonstances.

Une fois la justice saisie par l'avocat, la présidente de la cour d'assises de la Haute-Garonne pourrait ordonner un supplément d'information qui débouchera sur une audition dans les prochaines semaines, selon une source proche du dossier.

Et s'il révèle la localisation, des investigations pourront être menées pour retrouver le corps de la victime, selon la même source.

Cédric Jubillar est détenu depuis juin 2021, à l'isolement par mesure de sécurité, au centre de détention de Seysses, près de Toulouse.

Même si les gendarmes de la section de recherches de Toulouse n'avaient pas pu présenter aux juges d'instruction de preuves irréfutables de sa culpabilité, il avait été mis en examen pour homicide volontaire après six mois d'enquête, sur la base d'un faisceau d'indices concordants.

Ce bouleversement de ligne de défense intervient quelques mois après un changement d'avocat, son nouveau conseil s'étant notamment élevé contre les conditions de détention de son client. Lors de son procès en première instance, Cédric Jubillar était représenté par les avocats toulousains Emmanuelle Franck et Alexandre Martin.

Dans son arrêt rendu public quelques jours après le verdict, la cour d'assises du Tarn avait estimé que le meurtre de Delphine Jubillar était "caractérisé", affirmant en outre n'avoir pas été convaincue par les déclarations de l'accusé.

La juridiction avait également estimé que des témoignages recueillis, le fait que la personnalité de l'accusé était "compatible" avec le passage à l'acte, ainsi que sa non-acceptation du départ de son épouse pour un autre homme, constituaient des éléments suffisants pour établir sa responsabilité dans la disparition de son épouse, survenue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn).

En avril, Me Debuisson avait conditionné sa participation à la préparation du procès en appel à une amélioration de son régime de détention. Il alertait sur une dégradation de l'état de santé de son client, résultant selon lui des conditions de détention "indignes", et estimait que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies.

Z.Gaillard--PP