Petit Parisien - En Gironde, cinquième nuit de combat pour les pompiers, qui redoutent la chaleur

Paris -
En Gironde, cinquième nuit de combat pour les pompiers, qui redoutent la chaleur
En Gironde, cinquième nuit de combat pour les pompiers, qui redoutent la chaleur / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP

En Gironde, cinquième nuit de combat pour les pompiers, qui redoutent la chaleur

Des milliers de pompiers, aidés par des militaires mais aussi des agriculteurs ou des riverains désespérés et restés malgré les évacuations, s'apprêtent à affronter pour la cinquième nuit dimanche un incendie hors norme et erratique, à une quinzaine de kilomètres de la métropole bordelaise.

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Impuissants face à un brasier extraordinaire, ils s'acharnent sur son périmètre pour tenter de le priver de combustible mais redoutent la prochaine remontée des températures, ou pire, un nouvel "orage de feu", surtout la nuit quand l'action des moyens aériens est limitée.

À Saint-Jean-d'Illac, à 18 km du centre de Bordeaux, Georges Clivaz, tuyau d'arrosage en main, asperge la route attenante à sa propriété: "On fait ça pour ralentir l'avancée du feu, on veut sauver nos maisons, on n'a pas le choix", dit-il à l'AFP.

 

Emmanuel Macron présidera lundi à 10H00 une "cellule interministérielle de crise" au ministère de l'Intérieur consacrée aux incendies en France, selon l’Élysée, avant d'autres réunions sur les secteurs économiques touchés.

Au total, 115.000 hectares ont été parcourus par les incendies en France depuis le début de l'année, une situation "exceptionnelle", selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez interrogé sur France 2. "C'est 30 à 40 feux qui sont combattus simultanément" au quotidien, a-t-il ajouté, comptabilisant "plus de 13.000 départs de feu" en 2026.

En Gironde, les flammes ont ravagé 42.000 hectares depuis mercredi, un chiffre stable par rapport au dernier bilan mais le feu "poursuit sa progression", selon un point de la préfecture à 16h30.

Cet incendie pourrait rivaliser avec celui de 1949 (50.000 hectares ravagés dans les Landes de Gascogne), le plus important depuis la Seconde guerre mondiale.

- Chaleur aggravante -

Le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade, a prévenu la préfète Sophie Brocas lors d'une conférence de presse.

Météo-France prévoit une probable vague de chaleur depuis le Sud-Ouest à partir de mardi avec des maximales jusqu'à 40° et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"C'est un facteur qui pourrait, j'utilise le conditionnel, aggraver le phénomène", a ajouté la préfète.

L'évacuation de Bordeaux "n'est pas à l'ordre du jour", a réaffirmé à la mi-journée son maire Thomas Cazenave, mais le seuil d'alerte aux particules fines y a été dépassé, tout comme dans trois autres départements voisins.

"On a les fumées, mais c'est tout", Bordeaux est "un refuge", a confié à l'AFP Carole Chalel, après avoir été évacuée de Marcheprime.

Cette commune est située à proximité de l'A63 qui relie Bordeaux à l'Espagne, fermée sur 60 kilomètres, et des rails desservant le sud de la ville, sur lesquelles le trafic SNCF est interrompu. Dans l'après-midi, les flammes ont traversé les voies, selon la préfète.

"Le front change en permanence de position. On ne peut pas lutter. On est comme David contre Goliath", explique le lieutenant-colonel Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.

Un "orage de feu", comme celui de samedi, génère "sa propre météo, avec une auto-combustion de tout ce qui passe sur son chemin", décrit-il.

- "Ehpad à découvert" -

 

Des centaines de personnes ont été évacuées en urgence de plusieurs établissements médico-sociaux.

Le président du département et patron du SDIS 33, Jean-Luc Gleyze a évoqué un Ehpad "à découvert" au Parc des expositions à Bordeaux.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises mais aussi à des agriculteurs et des particuliers bénévoles de prêter main-forte sur le terrain.

 

Dix-huit moyens aériens sont mobilisés et l'A400M - un avion militaire transformable pour lutter contre les feux déployé pour la première fois samedi - devait être de nouveau mobilisé dans l'après-midi.

Dans les Landes, l'incendie de Biscarrosse était dimanche "mieux contenu mais pas fixé", après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments. Quelque 8.000 personnes évacuées sur 30.000 ont été autorisées à rentrer chez elle, a indiqué le préfet des Landes Gilles Clavreul.

Dans le Var, où 2.000 personnes ont été évacuées, l'incendie est "contenu" malgré des reprises attisées par le mistral, après avoir parcouru 4.500 hectares, selon les pompiers. D'autres feux sont en cours en Corse et dans les Hautes-Alpes.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

cas-al-jed-mk-juc-tmn/mdz/abl

D.Clement--PP