Grèce: incendie sous contrôle sur une île de la mer Egée
Un incendie sur l'île grecque de Skyros, en mer Egée, était en voie d'être maîtrisé dimanche après-midi par les pompiers, avec un ballet d'hélicoptères bombardiers d'eau, a constaté l'AFP.
L'incendie s'est déclaré samedi à la mi-journée sur les hauteurs verdoyantes de la zone d'Atsitsa, au coeur d'une pinède, et a pris une grande ampleur dans toute cette partie nord-ouest de l'île à la faveur de vents violents.
"Les équipes au sol des pompiers ont mené une lutte acharnée toute la nuit" contre les flammes, et ont reçu des renforts du continent en hommes et véhicules arrivés dans la nuit par bateau, selon la télévision ERT.
Alors que les médias nationaux évoquaient dans la matinée une "course contre la montre", plus aucune flamme n'était visible dans le secteur, mais de nombreuses fumerolles et des souches d'arbres carbonisés terminant de se consumer étaient toujours visibles le long de la route goudronnée traversant ce secteur.
- Vent favorable -
Les hélicoptères bombardier d'eau multipliaient les allées et venues sur la zone, se ravitaillant dans la Méditerranée toute proche, dans une baie paradisiaque aux eaux transparentes, avant d'aller larguer leur cargaison liquide sur les reprises de feu signalées par des panaches de fumées dans la montagne.
"Cette fois le vent nous est favorable, le feu se dirige désormais vers la mer et est en voie d'extinction par les hélicos", a expliqué sur place à l'AFP un employé des eaux et forêts, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Il a estimé à près de 1.300 hectares la superficie de forêt détruite.
Une centaine de pompiers participent aux opérations, appuyés par 11 avions et cinq hélicoptères, et une vingtaine de véhicules au sol, avec le soutien d'engins de travaux publics, ont indiqué les pompiers sur X.
Sur le terrain, des pompiers sont stationnés notamment dans les parties de la pinède encore épargnées, prêts à intervenir immédiatement au premier signe de feu.
Sur la plage toute proche d'Agios Fokas, les habitations n'ont pas été brûlées, tout comme les plantations voisines d'oliviers dans la vallée. Des pompiers exténués par leur combat de la nuit ont remplacé sous les parasols les touristes, évacués précipitamment la veille.
Interrogé sur les médias nationaux, le maire de Skyros, Kyriakos Antonopoulos, a fait état d'un incendie "partiellement maîtrisé", et d'une "forte suspicion d'incendie criminel", principalement en raison du point de départ du feu.
A 110 km au nord-est d'Athènes, Skyros est une île montagneuse en mer Égée, appartenant à l'archipel des Sporades, d'environ 209 km2. Elle compte en temps normal environ 3.000 habitants et elle attire, comme toutes les îles grecques, de nombreux touristes en été.
- Calme et touristes tranquilles -
La situation était parfaitement calme dans la capitale locale éponyme, au nord-est de l’île, où sont concentrés restaurants, touristes et infrastructures, a-t-on constaté.
Les touristes en claquettes et lunettes de soleil déambulent dans les ruelles de la petite localité aux maisons blanches immaculées accrochées sur un piton rocheux, héritage de l’époque où les pirates terrorisaient ces îles.
"Non, nous n’avons pas peur du feu. Mais c’est un désastre écologique, si on compare à la taille de l’île", a déploré une habitante.
Cette même partie de l'île, très boisée, avait déjà été touchée par une incendie en 2008 et 2014.
La vie sur l'île a été de fait peu impactée, la fumée grisâtre de l'incendie prenant directement la direction de la mer.
En raison des forts vents et de la chaleur estivale, la Grèce était en alerte maximale pour les incendies en ce weekend estival du 15/16 août, où îles et plages sont bondées de touristes, nationaux et étrangers.
Deux incendies se sont déclarés quasi-simultanément dimanche, sur l'île de Salamine, près d'Athènes, entraînant la mort de deux personnes et provoquant l'évacuation de centaines d'autres, a-t-on appris auprès des pompiers.
Trente-six incendies se sont déclarés au cours des dernières 24 heures dans le pays, selon les pompiers.
Début août, au nord-ouest de la capitale grecque, un incendie avait détruit plus de 11.000 hectares de pinède, maquis et terres agricoles près d'une station balnéaire.
En raison de rafales de vent allant jusqu'à 130 km/h, qui empêchaient l'intervention des bombardiers d'eau, ce feu n'avait été circonscrit qu'au bout de cinq jours.
O.Blanchard--PP