Hautement polluée, Singapour veut agir contre les entreprises liées aux incendies
Le Premier ministre de Singapour, Lawrence Wong, s'est engagé à prendre des mesures contre les entreprises qui s'avéreraient responsables des incendies qui ravagent l'Indonésie et plongent la région, dont la cité-État vendredi encore, dans une grave pollution atmosphérique.
Singapour figure vendredi matin en tête du classement des grandes villes les plus polluées au monde selon le site de surveillance de la qualité de l'air IQAir. Jakarta occupe la deuxième place et Kuala Lumpur la cinquième.
"Nous cherchons à identifier les entreprises qui pourraient être responsables de ces incendies", a déclaré Lawrence Wong sur Facebook jeudi soir.
"Lorsque cela s'avérera fondé, nous prendrons des mesures en vertu de la loi singapourienne sur la pollution transfrontalière par la brume sèche et nous étudierons également la possibilité d'une action conjointe avec d'autres pays", a-t-il ajouté.
Des experts juridiques ont toutefois souligné qu'il existait peu de recours pour poursuivre les entreprises responsables de la pollution actuelle, qui a entraîné la fermeture d'écoles en Asie du sud-Est, et fait exploser le nombre personnes souffrant de troubles respiratoires.
Singapour a promulgué la loi sur la pollution transfrontalière par la brume sèche en 2014, alors que les niveaux de pollution avaient atteint des seuils dangereux l'année précédente, puis lors d'un nouvel épisode en 2015.
La loi vise à sanctionner les entreprises dont les activités hors de Singapour provoquent ou contribuent à des niveaux malsains de fumée toxique à Singapour.
Mais il est difficile d'établir les responsabilités, car cela nécessite que les autorités partagent des cartes localisant les foyers d'incendie, tandis que des droits fonciers contradictoires ou se chevauchant peuvent encore compliquer la situation.
Les enquêtes menées par Singapour sur quatre entreprises indonésiennes pour leur rôle présumé dans l'épisode de fumée transfrontalière de 2015 restent ouvertes. Elles avaient suscité des tensions diplomatiques avec Jakarta.
La pollution atmosphérique à Singapour atteignait vers 02H30 GMT vendredi un pic de 236 sur l'indice de qualité de l'air du site suisse IQAir, c'est-à-dire des niveaux "très nocifs pour la santé".
"Nous ne pouvons pas contrôler la météo ni les vents, ni (...) ce qui se passe au-delà de nos frontières", a déclaré Lawrence Wong, "mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les Singapouriens, tout en collaborant avec nos voisins pour s'attaquer aux causes profondes de ce brouillard".
K.Benard--PP