Le Chat du chapeau : une réinvention animée aux enjeux cosmiques
La Warner Bros. Pictures Animation lance une nouvelle version du classique de Dr. Seuss, où le félin emblématique affronte désormais des dangers cosmiques. Avec une animation stylisée et une distribution sonore étoilée, ce long-métrage tente de moderniser l'œuvre tout en conservant son esprit décalé.
La Warner Bros. Pictures Animation a dévoilé les contours de sa nouvelle adaptation du classique de Dr. Seuss, "Le Chat du chapeau" (The Cat in the Hat). Réalisé par Erica Rivinoja et Alessandro Carloni, qui ont également signé le scénario, ce long-métrage d'animation propose une réinterprétation audacieuse de l'univers original, élargissant les enjeux narratifs à une échelle cosmique.
Le film met en scène un Chat désormais employé au sein d'un vaste conglomérat corporatif. Loin du personnage solitaire des livres illustrés, il y occupe le poste d'agent terrain chargé de réjouir les enfants déprimés. Son travail est évalué selon deux critères : l'augmentation du bonheur des clients et le niveau de destruction laissé sur place. Le Chat excelle dans la première mission mais échoue systématiquement à la seconde, ce qui menace son emploi.
Pour sauver sa peau, il doit réjouir deux enfants, Gabby et Sebastian, dont la mère vient de déménager en ville. Gabby, une adolescente passionnée de fanfare et dotée d'une grande sensibilité artistique, prend immédiatement le Chat pour un intrus et tente de l'asperger de gaz poivre. Pour convaincre les enfants de s'amuser tout en réparant les dégâts, le félin utilise un appareil volé aux fournitures de bureau, un "gobacker" capable d'inverser le temps. Cet objet tombe rapidement entre de mauvaises mains.
L'intrigue bascule alors vers des enjeux plus vastes qu'une simple aventure urbaine. Une créature mystérieuse, mi-chauve-souris, mi-ptérodactyle aux yeux brillants, traque également l'appareil. Selon le film, si cette entité récupère le dispositif, "la trame de l'univers sera déformée à jamais". Cette menace existentielle contraste avec la légèreté des œuvres originales de Dr. Seuss.
Le Chat du chapeau est doublé par Bill Hader, qui prête au personnage une voix sarcastique et légèrement démente. Le design du personnage, incluant des dents visibles, a été choisi pour créer un effet malaise, s'éloignant volontairement de l'approche en prise de vues réelles du film de 2003 avec Mike Myers, jugée par beaucoup comme inquiétante. L'animation utilise trois styles distincts pour différencier les différents mondes visités.
La distribution sonore comprend également Giancarlo Esposito dans le rôle du méchant patron du Chat, Bowen Yang en tant qu'interimaire et Paula Pell comme la propriétaire des lieux. Matt Berry double Waffles, un poisson goldfish au style pseudo-shakespearien, servant de conscience critique au récit. Le film met en scène des milliers de "Choses" (The Things) lors de scènes d'action spectaculaires, bien que le texte ne respecte pas les rimes caractéristiques du livre.
Le message du film est décrit comme multiple et parfois confus : l'importance de défendre ses amis, la révélation surprenante que les parents étaient autrefois cool, la définition personnelle du foyer et l'idée que faire des dégâts fait partie intégrante de l'enfance. Le long-métrage, classé PG par la Motion Picture Association pour son action, certains périls, un langage léger et un humour grivois, dure 107 minutes.
Les références à d'éventuels spin-offs sont présentes dès les crédits finaux, le Chat lui-même suggérant une suite. Cependant, l'accueil critique reste mitigé, soulignant que la tentative de moderniser l'IP pour des enjeux blockbusters a pu diluer le charme initial de l'œuvre.
A.Dupuis--PP