Petit Parisien - Moyen-Orient: les Bourses limitent la casse après les propos offensifs de Trump

Paris -
Moyen-Orient: les Bourses limitent la casse après les propos offensifs de Trump
Moyen-Orient: les Bourses limitent la casse après les propos offensifs de Trump / Photo: ERIC PIERMONT - AFP/Archives

Moyen-Orient: les Bourses limitent la casse après les propos offensifs de Trump

Après une ouverture en franche baisse, les Bourses mondiales ont réduit leurs pertes jeudi en clôture, se montrant plutôt résistantes face au ton plus offensif qu'anticipé de Donald Trump à l'égard de Téhéran.

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Le président américain a notamment promis, lors d'une allocution, de ramener l'Iran à "l'âge de pierre" en frappant Téhéran "extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines".

En réponse, l'armée iranienne a promis des attaques "dévastatrices" contre les Etats-Unis et Israël.

Lancée à la baisse par ces commentaires, Paris n'a finalement perdu que 0,24%, Francfort a reculé de 0,56% et Milan, de 0,20%. Londres a terminé en hausse de 0,69%.

A Wall Street, le Dow Jones n'a lâché que 0,13%, tandis que l'indice Nasdaq a grappillé 0,18% et l'indice élargi S&P 500, 0,11%. Ils étaient aussi en fort repli à l'ouverture.

"Il est vraiment difficile de cerner ce marché", remarque auprès de l'AFP Dave Grecsek, d'Aspiriant. "On a connu ces derniers temps des journées un peu instables, où l'évolution des cours est assez imprévisible."

"Le discours prononcé mardi soir par le président Trump a déçu certains investisseurs qui espéraient obtenir des précisions sur la date et les modalités de la fin de la guerre avec l'Iran", résume José Torres, d'Interactive Brokers.

"Mais les opérateurs à la recherche de bonnes affaires y ont vu une occasion de racheter massivement des actions, même s'il n'y avait aucune raison évidente de le faire", poursuit l'analyste.

- Nouvelle flambée du pétrole -

Après avoir reculé depuis le début de la semaine dans la perspective d'une accalmie, les prix du pétrole brut se sont une nouvelle fois envolés face aux propos de Donald Trump.

La référence américaine, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, a été propulsé, prenant 11,41% à 111,54 dollars.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a grimpé de 7,78% à 109,03 dollars.

"On avait l'impression que la détente était proche. Les messages (de Trump) n'ont pas changé (...) mais il y a cette phrase que le marché n'a pas aimé: +S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément+", indique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.

En outre, le détroit d'Ormuz - passage stratégique où transite en temps normal environ un cinquième du brut mondial - reste pour le moment bloqué.

Les représentants d'une quarantaine de pays ont d'ailleurs appelé jeudi à la "réouverture immédiate et inconditionnelle" de ce goulet stratégique essentiel, menaçant l'Iran de nouvelles sanctions.

Ce blocage est une "menace directe pour la prospérité mondiale", selon la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.

- L'étau des taux-

La perspective d'une poursuite de la guerre ravive la peur d'une inflation qui s'installerait dans l'économie mondiale, ce qui fait remonter les taux d'intérêt des dettes souveraines en Europe, après l'accalmie des derniers jours.

Le taux allemand, référence sur le continent européen, flirtait encore jeudi avec les 3,00%, contre 2,98% la veille. Il a grimpé depuis le début du conflit à des sommets plus vus depuis 2011, alors qu'il atteignait environ 2,70% avant la guerre.

Son équivalent français est revenu à 3,68% après une pointe à 3,75% à la mi-journée (3,20% avant la guerre). Le taux d'intérêt italien redescendait à 3,85% sur 10 ans après une pointe à 3,95% peu avant 14H00 GMT.

Ces taux montent avec les risques d'inflation, car les créanciers demandent des garanties face à l'érosion de la valeur de leur capital prêté. Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, pour combattre cette inflation.

Y.Giroux--PP