Les Etats-Unis attendent une réponse de l'Iran à leur proposition
Les Etats-Unis attendent jeudi une réponse de Téhéran à leur dernière proposition en vue de mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient et de rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz.
Parlant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.
La veille, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine tout juste lancée pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.
- Protocole d'accord -
Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, cinq jours après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu.
"Deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées", selon le site d'information en ligne américain Axios.
"L'accord verrait l'Iran s'engager à un moratoire sur l'enrichissement nucléaire, les Etats-Unis accepter de lever leurs sanctions et de débloquer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés, et les deux parties lever les restrictions entourant le transit par le détroit d'Ormuz", affirme le site.
- Vote attendu à l'ONU -
Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine".
Selon la chaîne américaine NBC News, le revirement de M. Trump sur son projet d'escorte de navires à Ormuz est intervenu après que l'Arabie saoudite a refusé de permettre aux forces américaines d'utiliser son espace aérien et ses bases pour cette opération.
A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.
Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'était accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.
Téhéran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit en début de semaine, via un communiqué de son ambassade à Séoul.
- "Empirer la situation" -
Avec l'espoir d'une reprise des pourparlers, qui piétinent depuis des semaines, les cours du pétrole sont retombés sous les 100 dollars. Vers 12H15 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, perdait 3,06% à 98,17 dollars le baril.
En Iran, c'est pour beaucoup la désillusion. "Les Etats-Unis ont attaqué, et cela n'a fait qu'empirer la situation", se lamente Ali, 49 ans, un habitant de Tonekabon sur la mer Caspienne.
"Et maintenant ils veulent conclure un marché, mais les avancées sont inférieures" à celles de l'accord sur le nucléaire de 2015, affirme-t-il, joint par une journaliste de l'AFP basée à Paris.
Ce pacte dit JCPOA, dont s'était retiré Donald Trump en 2018, le jugeant pas suffisamment ambitieux, imposait des limites au programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé jeudi avoir rencontré, à une date non précisée, le guide suprême Mojtaba Khamenei.
Celui-ci n'a pas été vu en public depuis sa nomination début mars et a été blessé dans des frappes pendant la guerre qui ont coûté la vie à son père et prédécesseur, Ali Khamenei.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a revendiqué cette opération et affirmé que pour son gouvernement, "aucun terroriste n'a d'immunité".
Le ministère libanais de la Santé a par ailleurs recensé 11 morts dans le pays mercredi dans des bombardements israéliens, malgré la trêve.
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O.Philippe--PP