Metro Grand Paris Express: au sud de Paris, la ligne 18 se prépare pour "l'automne"
Au milieu des laboratoires de recherche installés sur le plateau de Saclay (Essonne, sud de Paris), un toit de métal blanc déplié en accordéon émerge au-dessus de la nouvelle station "Polytechnique" qui doit être mise en service "à l'automne" sur la future ligne 18 du métro.
La troisième phase d'essais sur le premier tronçon de ce métro tout automatique qui reliera à terme l'aéroport d'Orly à Versailles-Chantier, "touche à sa fin", a déclaré mardi Christophe Cieux, directeur de projet adjoint à la Société des Grands Projets (SGP, ex-Société du Grand Paris), maître d'oeuvre du chantier.
Une quatrième phase d'essais, dits "de validation", en condition réelle d'exploitation, c'est-à-dire pilotés à distance et à vitesse commerciale (50-60 km/heure), est "sur le point de démarrer", a-t-il ajouté lors d'une visite de presse du chantier.
La gare "Polytechnique", blanche et lumineuse, plantée au milieu des laboratoires d'EDF, de l'INRIA ou de Thalès, vers laquelle convergent trois pistes cyclables récemment aménagées et huit lignes de bus, a obtenu vendredi le feu vert de la Commission de sécurité.
Ne manquent plus que trois validations pour les trois autres gares du tronçon qui va être mis en service (Massy-Palaiseau, Université Paris-Saclay et Christ de Saclay), explique Vianney Elziere, directeur du projet à la SGP.
Reste à déterminer exactement la date à laquelle le métro - très attendu par des centaines d'étudiants, ingénieurs et chercheurs - pourra accueillir du public.
La date prévue jusqu'à présent est celle du 1er octobre, précédée d'une période de deux mois d'essais "à blanc", ce qui impliquerait un transfert des responsabilités techniques entre les maîtres d'ouvrage et les exploitants au 1er août.
La date sera connue "le 25 juin", a promis lundi le président du directoire de la SGP Jean-François Monteils, à la presse, au cours de la visite
Cette déclaration est le prélude à l'annonce d'un possible retard "de quelques semaines" par rapport au 1er octobre, a confirmé une source proche du dossier.
- "Hypothèques à lever" -
L'ensemble des intervenants se sont mis d'accord pour parler de "l'automne". Qui commence le 21 septembre et s'achève le 20 décembre.
La complexité de mise en oeuvre entre les différents acteurs semble être la clé de ce décalage.
Alors que la ligne 14, qui traverse Paris, également automatique, est exploitée par la RATP seule sous l'autorité d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) l'autorité organisatrice des transports francilienne, la ligne 18 sera la première à faire travailler ensemble un exploitant, Keolis, filiale de la SNCF, et un gestionnaire d'infrastructures différent, la RATP, qui entretiendra les rails et systèmes de toutes les futures lignes du Grand Paris Express.
Pour Valérie Pécresse, présidente d'IDFM, le premier tronçon de la ligne 18 ouvrira au public "avant la fin de l'année" et "le plus vite possible". "Le seul critère qui prévaudra pour décider de la mise en service est celui de la sécurité", a-t-elle averti.
Equipée de matériels roulants Alstom, dont neuf rames sur les dix prévues ont déjà été livrées, la ligne 18 est l'une des cinq lignes du projet Grand Paris Express (14, 15, 16, 17 et 18) comportant 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro au total et 68 gares autour de Paris, qui transporteront à terme 3 millions de passagers par jour.
"Il reste un certain nombre d'hypothèques à lever dont certaines ne sont pas simples", a admis M. Monteils auprès de l'AFP.
"Je comprends qu'il joue une carte importante sur l'exploitation du début, donc il a envie que ce soit prêt à 110%, mais ça n'arrive jamais, ça n'existe pas", a-t-il ajouté au sujet de l'exploitant.
"L'essentiel, c'est que ce soit en sécurité, et on sera en sécurité, en parfaite condition d'exploitabilité même s'il reste des choses à régler", a-t-il assuré.
La RATP a aussi demandé à la SGP le transfert de toutes les documentations techniques nécessaires à l'entretien des installations, des logiciels de signalisation aux caméras de surveillance, en passant par celles des escaliers mécaniques, tous pilotés à distance.
"Je ne le cache pas, sur ces sujets-là, nous sommes à la bourre", a dit M. Monteils à l'AFP.
E.Leblanc--PP