Un prix pour la liberté de la presse honore les journalistes photo et vidéo à Gaza
La "plume d'or" de la liberté de la presse sera remise lundi à l'ensemble des photographes et vidéojournalistes qui opèrent dans la bande de Gaza pour documenter la guerre au péril de leur vie, a annoncé jeudi l'Association mondiale des éditeurs de médias d'information (WAN-IFRA).
Le prix sera remis à Marseille à des représentants des trois agences de presse internationales qui opèrent toujours à Gaza, l'Agence France-Presse, l'Associated Press et Reuters, "dont les journalistes locaux continuent d'assurer une couverture régulière et professionnelle dans des conditions extrêmement difficiles", a salué dans un communiqué la WAN-IFRA.
Parmi eux notamment, le photographe Mohammed Abed, qui travaillait à Gaza pour l'Agence France-Presse jusqu'en avril 2024, avant de rejoindre le bureau du Caire.
"Depuis plus de deux ans et demi, les journalistes de Gaza témoignent de la mort, de la destruction et de la souffrance humaine avec une intensité sans précédent", explique l'organisation, qui tient de lundi à mercredi le 77e Congrès mondial des médias d'information, organisé en partenariat avec CMA Media, branche médias de l'armateur CMA CGM.
"Ils sont autant victimes du conflit qu'ils sont les chroniqueurs d'une guerre qui a éclaté - et qui se poursuit - autour d'eux", ajoute-t-elle. Le prix récompense également leurs collègues blessés ou morts à Gaza en faisant leur travail pour témoigner de la guerre menée par l'armée israélienne après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023.
Selon un bilan de Reporters sans frontières (RSF) fin 2025, plus de 220 journalistes ont été tués depuis octobre 2023 par l'armée israélienne à Gaza, dont au moins 70 dans l'exercice de leurs fonctions.
L'armée israélienne assure ne jamais prendre délibérément pour cible des journalistes. Depuis le 7-Octobre, elle a néanmoins revendiqué l'élimination à Gaza d'un certain nombre de professionnels de la presse qu'elle accuse d'avoir été des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.
WAN-IFRA rappelle que l'État d'Israël a verrouillé l'accès des journalistes étrangers à la bande de Gaza depuis le début de la guerre pour des raisons de sécurité, à l'exception de quelques dizaines de journalistes autorisés à se rendre ponctuellement sur le territoire, sous escorte de son armée.
Plus de 72.800 Palestiniens ont été tués dans les représailles militaires israéliennes au 7-Octobre sur le territoire, dont plus de 900 depuis un cessez-le-feu d'octobre 2025, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
Les attaques du 7-Octobre menées en Israël par le mouvement islamiste, classé comme organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne, ont entraîné la mort de 1.221 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP.
V.Roy--PP