Petit Parisien - L'inflation s'est apaisée aux Etats-Unis avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient

Paris -
L'inflation s'est apaisée aux Etats-Unis avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient
L'inflation s'est apaisée aux Etats-Unis avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient / Photo: Brandon Bell - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

L'inflation s'est apaisée aux Etats-Unis avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient

Le reflux des prix à la pompe a permis de modérer l'inflation le mois dernier aux Etats-Unis, cette accalmie étant ternie par la reprise des hostilités au Moyen-Orient qui ont fait repartir les cours du pétrole à la hausse.

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L'indice des prix à la consommation (CPI) a ralenti à 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% en mai, selon les données officielles publiées mardi.

C'est nettement mieux que ce qui était attendu par les investisseurs.

Le président américain Donald Trump s'est réjoui: "Le rapport est incroyable. L'inflation est beaucoup plus basse. Cela veut dire que les prix baissent beaucoup et qu'on fait un super boulot", a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

"Il y aura peut-être des gens qui devant les données (...) diront: +Oh mission accomplie, tout roule+. Ce n'est pas mon avis", a souligné de son côté le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh, qui a été nommé par Donald Trump et était auditionné au Congrès pour la première fois depuis sa prise de fonction.

Le rythme de l'inflation reste bien au-dessus des 2% visés par la Fed.

Surtout, le ralentissement de juin est surtout dû au recul du prix de l'essence (-9,7% sur un mois) qui avait suivi la détente diplomatique entre Washington et Téhéran.

Les hostilités ont depuis repris dans le Golfe. Les cours mondiaux du pétrole ont rebondi, augurant des répercussions jusque dans les stations-service américaines.

"On craint que ce répit ne soit que de courte durée avec la reprise de la guerre en Iran. La situation est trop incertaine pour savoir comment cette histoire d'inflation va se terminer", a commenté Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.

- "Trop élevée" -

La guerre, impopulaire aux Etats-Unis, a mis sous pression l'exécutif américain à quelques mois d'élections nationales (les "midterms").

Donald Trump avait fait de l'amélioration du pouvoir d'achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024.

"Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en pour les midterms. Je le dis à cette caméra: souvenez-vous-en, car personne d'autre n'aurait pu y arriver. Les prix sont en forte baisse", a aussi lancé le républicain mardi.

"L'inflation reste trop élevée, les familles faisant les frais de la politique économique ratée de Donald Trump. (...) Au lieu de faire baisser les coûts, Donald Trump redouble d'efforts dans sa guerre illégale contre l'Iran", a reproché la sénatrice démocrate Elizabeth Warren dans un communiqué.

Les marchés financiers ont eux poussé un ouf de soulagement car la perspective d'une hausse très prochaine des taux d'intérêt de la Fed s'éloigne.

La veille, un des banquiers centraux américains, le gouverneur Christopher Waller, avait indiqué qu'il soutiendrait "à court terme" un resserrement si l'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie) continuait d'aller dans la mauvaise direction.

Or l'inflation sous-jacente a aussi ralenti en juin, à 2,6% sur un an, contre 2,9% le mois précédent.

M. Waller avait souligné que l'énergie n'était qu'une des sources de pression inflationniste sur la première économie mondiale, au côté des droits de douane instaurés par Donald Trump mais aussi de la frénésie autour de l'intelligence artificielle (IA) et des centres de données qui fait augmenter les coûts des équipements de climatisation et des composants électroniques.

Au quotidien, les Américains dépensent plus pour se loger (+2,8% sur un an pour les loyers), se vêtir (+3,9%), se nourrir (+3%). Les fruits et légumes, en particulier, sont 5,3% plus cher qu'en juin 2025.

Mais c'est la guerre au Moyen-Orient et ses ramifications qui continuent de peser le plus lourd: l'énergie dans son ensemble a augmenté de près de 16% sur un an, les billets d'avion sont en hausse de plus de 26%.

F.Raymond--PP