L'accalmie sur les taux soutient les Bourses mondiales
Le mouvement de baisse engagé par les principaux taux obligataires mondiaux a offert un répit aux inquiétudes des investisseurs, permettant aux places boursières de terminer dans le vert.
Le mouvement de détente a notamment été alimenté par les propos jugés rassurants d'un gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur la hausse des prix.
"S'il y a des progrès continus vers notre objectif de 2% (d'inflation, ndlr), je suis alors prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel", a déclaré Christopher Waller, lors d'un événement organisé par Reuters. "Mais si l'inflation ressort élevée, j'envisagerai une hausse des taux".
Le marché a surtout pris en compte la première possibilité.
Christopher Waller "est l'un des plus influents" parmi les douze membres du comité de politique monétaire de la Fed, "un des vrais économistes de métier", insiste Bastien Drut, stratégiste chez CPR Asset Management.
Son discours "change la donne" après le discours offensif du président de la Fed Kevin Warsh sur l'inflation, vendredi dernier, rappelle-t-il, joint par l'AFP.
Les investisseurs, qui s'attendaient majoritairement à un tour de vis dès septembre, se montrent désormais bien plus partagés, selon l'outil de veille CME FedWatch.
Vers 20H45 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait en conséquence à 4,77%, en légère baisse par rapport à la clôture la veille (4,78%). Plus tôt dans la journée, il est même descendu jusqu'à 4,73%.
En Europe, le "Bund" allemand à dix ans, une référence dans la zone euro, revenait à 3,34% contre 3,37% la veille et son équivalent français promettait un rendement de 4,20% contre 4,25% mercredi.
Ce léger allégement des coûts d'emprunt a poussé les investisseurs à racheter des actions.
A Wall Street, le Dow Jones a pris 1,18%, l'indice Nasdaq a avancé de 1,40% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,06%.
Paris a terminé à l'équilibre (+0,07%) alors que Milan (+0,88%), Londres (+0,70%) et Francfort (+0,50%) ont progressé plus franchement.
- Le pétrole se stabilise -
"La question clé est donc désormais de savoir si les prochaines données américaines pourront remettre en cause" les attentes du marché sur la politique monétaire de la banque centrale des Etats-Unis, note Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
Les rapports du mois d'août sur l'emploi, publié vendredi, et sur l'inflation, attendu la semaine prochaine, seront ainsi décortiqués.
"En théorie, des données plus faibles pourraient remettre en cause les anticipations d'une hausse des taux en septembre", estime M. Razaqzada.
Il relève toutefois que le patron de la Fed, Kevin Warsh, a récemment mis en garde sur le rythme élevé de hausse des prix aux Etats-Unis.
La modération des taux a également été permise jeudi par l'absence de nouveau bond des cours du pétrole.
Le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 0,12% à 95,52 dollars tandis que son équivalent américain, le baril de WTI, a lui gagné 0,32% à 91,30 dollars.
L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, faisant fi de menaces de Donald Trump, dans un énième regain d'hostilités au Moyen-Orient.
- Le yen en orbite -
Vers 20H45 GMT, la monnaie nippone bondissait de 1,87% par rapport au billet vert à 155,79 yens pour un dollar.
En deux jours, le yen a gagné près de 3% par rapport à la devise américaine, un mouvement inhabituel pour le marché des changes.
La monnaie est portée par les paris sur un rehaussement des taux directeurs japonais dès septembre, mais les spéculations vont bon train quant à une possible intervention de soutien de Tokyo, après plusieurs opérations du genre au début de l'été.
R.Vasseur--PP