Petit Parisien - La Bourse de Paris bousculée par l'IA et la dette

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La Bourse de Paris bousculée par l'IA et la dette
La Bourse de Paris bousculée par l'IA et la dette / Photo: ERIC PIERMONT - AFP/Archives

La Bourse de Paris bousculée par l'IA et la dette

La Bourse de Paris a fini en baisse lundi, ployant face au recul généralisé des valeurs liées à l'intelligence artificielle, sur fond de hausse des prix de l'énergie et des taux d'intérêt des dettes souveraines.

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Le CAC 40 a cédé 0,76% à 8.117,78 points, soit un recul de 61,99 points. Vendredi, l'indice avait gagné 0,78%, à 8.179,77 points.

Depuis plusieurs mois, les investissements massifs des géants de la tech dans l'intelligence artificielle sont le principal moteur de la hausse des marchés d'actions, malgré les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques grandissantes.

Or, le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA), un message auquel se sont rapidement ralliés Elon Musk et Sam Altman (OpenAI).

Résultats, les entreprises bénéficiant du développement de cette technologie ont reculé en Bourse.

Les groupes de semi-conducteurs Soitec et STMicroelectronics ont fortement chuté, respectivement de 12,58% à 123,40 euros et de 6,58% à 41,74 euros.

Les fournisseurs d'infrastructures pour les centres de données de l'IA ont eux aussi sombré. Schneider Electric a cédé 6,54%, à 272,05 euros, et Legrand 6,70%, à 132,35 euros.

Les entreprises de logiciels ont en revanche repris du poil de la bête, car le développement de l'IA faisait douter les investisseurs quant à l'avenir de leur modèle économique. Capgemini a pris 6,61%, à 109,70 euros, et Dassault Systemes 4,99%, à 21,25 euros.

Dans le même temps, la guerre au Moyen-Orient continue de faire grimper les prix du pétrole et du gaz et de mettre la pression sur les dettes souveraines, alors que les investisseurs tablent sur davantage d'inflation dans les grandes économies.

La dette de la France fait en plus l'objet d'une défiance grandissante de la part des investisseurs en raison de l'état de ses finances publiques.

Le taux d'intérêt à dix ans de l'obligation française a dépassé lundi 4,50%, pour la première fois depuis 2008. Il a finalement terminé la séance à 4,47%, contre 4,45% vendredi. Son équivalent allemand a atteint 3,51%, contre 3,50%.

"La France est particulièrement exposée à ce qui fait grimper les taux d'intérêt, à savoir une dette et un déficit élevés par rapport à ses voisins européens, sur fond de blocage politique" explique Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac, d'autant que "la charge de la dette risque de s'amplifier ces prochaines années avec la hausse des taux".

C.Langlois--PP