Petit Parisien - Aux Etats-Unis, le coût des crédits immobiliers au plus haut depuis l'arrivée au pouvoir de Trump

Paris -
Aux Etats-Unis, le coût des crédits immobiliers au plus haut depuis l'arrivée au pouvoir de Trump
Aux Etats-Unis, le coût des crédits immobiliers au plus haut depuis l'arrivée au pouvoir de Trump / Photo: Frederic J. BROWN - AFP/Archives

Aux Etats-Unis, le coût des crédits immobiliers au plus haut depuis l'arrivée au pouvoir de Trump

Le coût des crédits immobiliers américains à 30 ans a dépassé jeudi la barre symbolique de 7%, à quelques semaines d'élections abordées avec fébrilité par la majorité républicaine.

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Ces prêts, les plus populaires aux États-Unis, sont désormais assortis en moyenne d'un taux d'intérêt de 7,03%, a rapporté l'agence de refinancement Freddie Mac.

Un tel niveau n'avait plus été vu depuis mi-janvier 2025, soit quelques jours avant le début du second mandat de Donald Trump.

Pendant sa campagne victorieuse, l'ex-promoteur immobilier avait promis d'améliorer le pouvoir d'achat et de faire plonger les coûts d'emprunt, notamment pour permettre à un maximum d'Américains d'accéder au rêve de la maison individuelle.

Il risque de perdre le contrôle du Congrès après les élections législatives de mi-mandat (ou "midterms") début novembre, sur fond de colère populaire autour du coût de la vie.

Les taux d'intérêt des crédits à 30 ans étaient passés sous le seuil de 6% le 26 février 2026, juste avant le déclenchement par le président américain d'une guerre contre l'Iran qui a entraîné une flambée des prix de l'énergie et un rebond de l'inflation.

Quand la hausse des prix s'accélère, les prêteurs réclament une meilleure rémunération pour éviter que leurs gains futurs soient grignotés.

- Pression sur les constructeurs -

La remontée des taux a douché les espoirs d'une relance du marché immobilier américain.

Les acquéreurs potentiels perdent en pouvoir d'achat à mesure que les crédits se renchérissent. Quant aux constructeurs, ils voient leurs marges s'effriter, entre augmentation des coûts des matériaux et nécessité de consentir des ristournes pour garder des clients.

Le mois dernier, 684.000 maisons neuves ont été vendues en rythme annualisé (c'est-à-dire en projetant le rythme observé pendant la période sur l'année entière), en recul de 2% sur un an, selon des données officielles parues jeudi.

Le prix moyen des biens vendus sur la période a quant à lui décliné de près de 9% par rapport à un an plus tôt, à 478.700 dollars.

"La hausse des taux des crédits immobiliers ne fera qu'aggraver les soucis d'accessibilité financière, ce qui signifie que les promoteurs immobiliers devront probablement continuer à proposer des baisses de prix pour stimuler les ventes", souligne dans une note Matthew Martin, analyste à Oxford Economics.

Yelena Maleyev, économiste au cabinet KPMG, n'imagine quant à elle pas les prix descendre bien davantage "vu le manque de biens disponibles et la flambée des coûts de construction".

"Pour le moment, pointe-t-elle, la seule façon de faire baisser les taux immobiliers est de maîtriser l'inflation, qui reste indomptée".

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a relevé ses taux directeurs d'un cran la semaine dernière dans l'espoir de calmer les hausses de prix.

Y.Giroux--PP