Marchés: les turbulences politiques au coeur de l'attention, Sao Paulo jubile après les élections brésiliennes
Les marchés mondiaux évoluent au gré des turbulences politiques lundi, entre incertitudes budgétaires en France, annonce d'élections anticipées en Espagne, et résultats de la présidentielle au Brésil, salués par les investisseurs.
En Europe, les Bourses sont prudentes: vers 13H40 GMT, Londres prenait 0,10%, Francfort était stable (+0,03%) et Milan prenait 0,17%.
Paris cédait particulièrement du terrain (-1,11%), plombée par les incertitudes liées à la situation budgétaire et politique en France.
"Le marché ne croit pas que le gouvernement mettra en œuvre les réformes budgétaires nécessaires", estime Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Paris a présenté jeudi dernier son projet de budget 2027, avec l'ambition de "redresser" les finances publiques par des mesures d'économies, mais son adoption au Parlement est incertaine en raison de l'absence de majorité.
Or, la France fait déjà face à un déficit et une dette par rapport au PIB parmi les plus élevés en Europe. Pour les marchés, "seul un accord budgétaire convaincant apporterait un soulagement", estime Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.
Les difficultés françaises commencent désormais à plomber la monnaie unique européenne, qui a atteint dans la matinée un plus bas depuis mai 2025 face au billet vert, à 1,1161 dollar pour un euro. Vers 13H40 GMT, elle atteignait 1,1199 dollar pour un euro (-0,50%).
Autre sujet d'inquiétude: "l'Espagne, qui s'apprête à faire face à des élections anticipées, ce qui ne fait qu'accroître les doutes (sur la zone euro NDLR) parmi les investisseurs", explique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a convoqué lundi un vote pour le 29 novembre, un pari pour reprendre l'initiative politique et se maintenir au pouvoir après le rejet par les députés de ses mesures pour mettre un terme à la crise du logement.
Dans ce contexte, les dettes des États européens restent perchées à un haut niveau. Le taux d'intérêt à échéance dix ans de l'Allemagne, référence sur le continent, atteignait 3,47%, contre 3,46% en clôture vendredi dernier.
Son équivalent français restait globalement stable, à 4,85%, contre 4,86%.
Les bons du Trésor américains à dix ans grimpaient eux à 5,30% contre 5,27% vendredi.
Côté pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, cédait 0,68%, à 101,55 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate lâchait 2,06% à 89,23 dollars.
- Sao Paulo jubile -
La Bourse de Sao Paulo s'envolait de près de 8% lundi, dans les premiers échanges, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle au Brésil qui a vu le conservateur Flavio Bolsonaro arriver en tête.
Dimanche, le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro a créé la surprise en obtenant 47% des suffrages, contre 45% pour le sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
"Le résultat augmente la probabilité d'une orientation politique plus favorable aux marchés, fondée sur la consolidation budgétaire, les réformes économiques et un rapprochement avec les États-Unis", explique Thomas Haugaard, gérant de portefeuille chez Janus Henderson.
Les entreprises brésiliennes cotées à Wall Street s'envolent. Vers 13H40 GMT, le groupe pétrolier Petrobras flambait par exemple de 9,95% et le groupe bancaire Itau Unibanco prenait 17,35% dans les premiers échanges.
- Schneider plonge après un rachat historique, PTC flambe -
Le géant français Schneider Electric va racheter l'américain PTC, concepteur de logiciels basé à Boston (Massachusetts), pour lequel il va débourser plus de 20 milliards d'euros, signant ainsi la plus importante acquisition de son histoire.
Elle doit permettre d'intégrer les outils numériques et l'intelligence artificielle dans les outils industriels développés par Schneider Electric.
Cette acquisition sera réalisée "intégralement en numéraire au prix de 205 dollars par action portant sur 100% du capital de PTC et valorisant les capitaux propres de PTC à environ 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros)", a-t-il précisé dans un communiqué.
Vers 13H40 GMT, le titre de l'entreprise plongeait de 9,93% à Paris, après cette annonce. Au contraire, PTC flambait de plus de 36% à Wall Street.
C.Chevalier--PP