Petit Parisien - Le bénéfice de Tesla s'est replié au troisième trimestre, pari sur l'IA et l'autonomie

Paris -
Le bénéfice de Tesla s'est replié au troisième trimestre, pari sur l'IA et l'autonomie
Le bénéfice de Tesla s'est replié au troisième trimestre, pari sur l'IA et l'autonomie / Photo: JUSTIN SULLIVAN - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Le bénéfice de Tesla s'est replié au troisième trimestre, pari sur l'IA et l'autonomie

Le groupe américain Tesla, spécialiste des véhicules électriques et du stockage d'électricité, a annoncé mercredi des résultats contrastés au troisième trimestre qui ont néanmoins globalement satisfait les attentes des analystes, qui s'impatientent d'une lenteur dans la concrétisation des projets.

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Le chiffre d'affaires du groupe d'Austin (Texas) est resté quasi-stable entre juillet et septembre, à 28,05 milliards de dollars, tandis que le bénéfice net ressort à 787 millions de dollars, contre 1,37 milliard un an plus tôt.

Le consensus des analystes de Factset escomptait respectivement 28,08 milliards et 782 millions.

Sur cette période, selon les données publiées début octobre, il a livré 486.532 véhicules dans le monde, dépassant d'une bonne marge les attentes du marché (environ 461.000) mais inférieures sur un an (497.099), pâtissant d'une base de comparaison défavorable.

"Tout en continuant à mettre en oeuvre nos innovations pour réduire les coûts de production et opérationnels, au fil du temps, nous nous attendons à ce que les bénéfices liés aux équipements soient accompagnés par une accélération des profits dans la superintelligence (intelligence artificielle, NDLR), les logiciels et les flottes", a relevé le groupe mercredi dans son communiqué.

L'entreprise est d'autant plus scrutée désormais que son patron, le multi-milliardaire conservateur Elon Musk, a affirmé mardi soir lors de la présentation des résultats de SpaceX qu'un rapprochement des deux groupes qu'il dirige serait une "bonne idée". Selon lui, des comités ont été constitués en interne pour en évaluer l'opportunité.

Fin juillet, il avait reconnu qu'il y avait de "nombreuses collaborations sur de nombreux fronts" entre Tesla et SpaceX et qu'il y avait "de plus en plus de chevauchements".

La présidente et directrice opérationnelle de SpaceX, Gwynne Shotwell, avait déclaré en juin qu'il était "clair qu'il exist(ait) des synergies entre Tesla et SpaceX", qui venait de faire la plus importante entrée en Bourse de l'histoire.

- Union de géants -

L'action, qui a perdu 14,06% depuis le début de l'année, a terminé en hausse de 3,41% mercredi à la perspective de ce mariage entre titans.

La capitalisation boursière de SpaceX dépasse les 2.000 milliards de dollars, celle de Tesla les 1.500 milliards.

Les deux entreprises "ont beaucoup à gagner d'une coopération" dans les logiciels d'intelligence artificielle, la conception de microprocesseurs, la robotique, les lancements spatiaux ou encore la connectivité, ont relevé mercredi les analystes de Yorkville Ives, estimant à "80%-90%" la probabilité d'une fusion d'ici fin 2027.

D'ici là, Tesla va devoir mettre un coup d'accélérateur sur le développement et le déploiement de sa multitude de projets, en particulier son service de taxi sans chauffeur (robotaxi et Cybercab), son robot humanoïde Optimus et la conduite autonome (FSD).

Surtout au vu des dépenses d'investissements conséquentes - plus de 25 milliards de dollars en 2026, "davantage dans les deux ou trois prochaines années", précisait fin juillet le directeur financier Vaibhav Taneja - pour un groupe qui n'a jamais versé de dividende à ses actionnaires.

"Les dirigeants de Tesla continuent de faire de grandes déclarations concernant l'autonomie et l'intelligence artificielle physique. (Tesla) a effectué des choses remarquables mais continue de perdre certains des paris les plus audacieux de ses dirigeants", indiquait Paul Miller, analyste de Forrester, en amont de l'annonce des résultats.

Il a rappelé qu'en 2019, Elon Musk avait promis un million de robotaxis d'ici 2020.

Or le service n'a été lancé qu'en juin 2025 dans un périmètre très restreint d'Austin (Texas), avant d'être très progressivement étendu. Il est disponible à ce stade dans sept villes américaines (Texas, Floride, Californie).

Il doit en être de même pour le Cybercab, véhicule sans pédale ni volant conçu spécifiquement pour opérer en robotaxi et lancé commercialement début septembre à Austin.

Mais, au premier jour de son lancement, l'agence fédérale de sécurité routière (NHTSA) a ouvert une enquête pour déterminer si le véhicule était conforme aux normes fédérales de sécurité des véhicules à moteur (FMVSS).

"Dans l'ensemble, le déploiement a été beaucoup plus lent qu'escompté", a déploré Garrett Nelson, de CFRA Research, auprès de l'AFP.

Tesla a également vu large avec Optimus, promettant d'en fabriquer un million par an, mais sa production vient tout juste de commencer, au compte-gouttes.

"Les volumes sont actuellement bas", a noté Paul Miller.

Concernant son métier d'origine, les voitures électriques, près de neuf millions ont été livrées depuis la toute première en 2008.

Mais le groupe, qui a caracolé largement en tête des ventes mondiales pour cette motorisation pendant des années, s'est fait ravir la pole-position par le chinois BYD en 2025.

La concurrence est désormais vive, même aux États-Unis où les constructeurs chinois sont pourtant absents.

U.Lefort--PP