Vague de chaleur en Europe en mai: record à Londres, canicule en France
Record de température à Londres, alertes canicule en France: une partie de l'Europe est traversée cette semaine par une vague de chaleur exceptionnelle pour un mois de mai, traduction du changement climatique sur un continent qui se réchauffe plus vite qu'ailleurs.
Le mercure est monté pour la première fois jusqu'à 34,8°C lundi à Kew gardens, parc botanique situé dans le sud-ouest de Londres.
"Lundi est la journée la plus chaude jamais enregistrée en mai, dépassant de 2°C le précédent record" de 32,8°C, enregistré en 1922 puis encore en 1944, a annoncé le Met Office sur X. "Une telle chaleur serait exceptionnelle au Royaume-Uni en plein milieu de l'été", a-t-il souligné.
Ce niveau est "bien au-dessus des normales, qui à Londres par exemple devraient se situer autour de 17 ou 18 degrés", constate pour l'AFP Greg Dewhurst, météorologue au Met Office.
"Nous observons de plus en plus d'extrêmes, non seulement au Royaume-Uni, mais partout dans le monde, avec de plus en plus de records battus, et de plus en plus souvent", souligne Greg Dewhurst, qui y voit "un bon indicateur du changement climatique à l'œuvre".
- "vraiment inquiétant" -
"On se croirait en Espagne", dit l'Irlandaise Chloe O'Brien Cuminsky, 23 ans, croisée lundi dans le parc St James de Londres, près du palais de Buckingham.
"C'est bien d'avoir du beau temps, mais je suppose que lorsqu'on pense au changement climatique, ce n'est pas si bien", poursuit l'étudiante en école d'infirmière.
Lindy Brand-daloze, 66 ans, Australienne qui vit à Londres depuis 12 ans, ne se souvient pas d'une telle chaleur en mai: "J'espère que la jeune génération prend vraiment ça à bras le corps et change ses habitudes. Mais quand on voit les dirigeants du monde entier qui s'en fichent totalement, c'est vraiment inquiétant".
En 2025, le Royaume-Uni a connu son année la plus chaude jamais enregistrée.
En France, dans les rues de Rennes en Bretagne (ouest), Danièle Dupont, 74 ans, ruisselante de sueur, cherche à se mettre à l'ombre, surprise par "une chaleur comme ça en mai". "Je vais fermer les volets. Je ne vais pas sortir cet après-midi", prévoit-elle.
Dans le Gard (sud), où les températures en journée ont frôlé les 30°C dimanche, Jean-Louis Portal, viticulteur et maraîcher à Meynes, surveille ses vignes de près. Sauf nouvel "événement climatique", il anticipe un début des vendanges des cépages blancs "début août, plutôt qu'après le 15 août comme l'an dernier".
Cet "épisode de chaleur précoce et remarquable" va "durer a priori jusqu'au week-end", a expliqué lundi à l'AFP François Gourand, prévisionniste à Météo-France.
Huit départements de l'ouest de la France sont placés mardi en vigilance orange canicule (le deuxième niveau sur trois).
Le ministère des Sports a appelé dimanche, journée où plusieurs records ont été battus comme à Brest (extrême ouest, avec 29,8°C), "à la plus grande vigilance dans la pratique sportive".
Dimanche, un participant à une course à pied à Paris est mort pendant l'événement et une dizaine de coureurs ont été hospitalisés en "urgence absolue" près de la capitale française.
Près de Lyon (centre-est), une femme de 28 ans est morte des suites d'une "hyperthermie corporelle due à l'effort" alors qu'elle disputait une compétition indoor, combinant course et fitness dans une salle climatisée.
- Règlementation en Italie -
En Italie, dans la région du Latium, qui comprend Rome, une réglementation limitant le travail "avec exposition prolongée au soleil" entre 12H30 et 16H00 a été adoptée lundi. En vigueur jusqu'au 15 septembre, cette règle avait été mise en place l'an dernier le 30 mai.
Pour François Gourand, le réchauffement climatique "rend très clairement possibles et même probables" des températures "quasiment impossibles ou improbables" il y a 30 ou 40 ans.
Un rapport publié fin avril par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) rappelait que depuis les années 1980, "l'Europe s'est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale" et que les "vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves" sur au moins 95% du territoire européen.
F.Raymond--PP