Episode de chaleur: la vigilance jaune dans 13 départements de l'Ouest lundi
Treize départements de l'Ouest du pays sont placés en vigilance jaune canicule lundi en raison d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable", déjà notable dimanche dans de nombreuses régions, a annoncé Météo-France .
Les treize départements sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher et l'Indre-et-Loire.
Le Finistère était déjà placé en vigilance jaune dimanche, une première si tôt dans l'année en France, signe d'un épisode de chaleur inhabituellement précoce.
"Il s'agit de la première vigilance jaune canicule activée en mai depuis la création du dispositif" en 2004, avait indiqué une porte-parole samedi à l'AFP.
L'ensemble de la France est la proie d'un "dôme de chaleur" qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.
Les températures ont dépassé les 30°C dimanche dans de nombreuses régions, comme à Bordeaux où des milliers de supporteurs de l'Union Bordeaux-Bègles ont fêté sous un soleil de plomb le deuxième titre européen consécutif de leur équipe de rugby en Champions Cup.
Une chaleur "très, très surprenante", note Eric Clerbout, technicien dans l’aéronautique rencontré dans la cité bordelaise par l'AFPTV.
"Ce n'est pas forcément normal à cette période mais maintenant, malheureusement, je pense que ça va être la norme en France", estime Chloé Voisin, 22 ans, qui visite la ville.
Des coups de chaleur ont perturbé des manifestations sportives. Une dizaine de personnes engagées dans les courses de la Pyrénéenne à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), au sud est de la capitale, ont été hospitalisées en "urgence absolue", ont indiqué les pompiers.
Six malaises légers ont également été recensés. La course a été immédiatement interrompue par la commune.
- Courses annulées -
Dans les Alpes-Maritimes, les pompiers ont dû intervenir à cause de "nombreux malaises" sur une course à pied de 10 kilomètres organisée en début de matinée à Menton, où le thermomètre est monté jusqu'à 31 degrés dimanche.
Les secours ont recensé trois victimes en état grave, hospitalisées, et 11 autres victimes "en état léger".
"A l'arrivée des coureurs, un certain nombre de participants ont présenté des signes d'hyperthermie", ont indiqué les organisateurs de la Menton SunRace sur Instagram, évoquant des "températures élevées liées au changement de saison."
Une deuxième course et une marche de 5 km ont été annulées par précaution à Menton, ville frontalière de l'Italie.
Cité par le quotidien Nice-Matin, Jean-Michel Fauritte, président du club Menton Marathon Athlétisme, évoque un "phénomène d'acclimatation du corps". "En mai, on souffre plus de la chaleur qu'en août", affirme-t-il.
Lundi, des températures "allant jusqu’à 35°C sont attendues sur l'ouest du pays à l'intérieur des terres, voire ponctuellement 36°C", a souligné dans un communiqué la préfecture du Morbihan.
"Ces températures élevées pourraient se poursuivre également mardi 26 mai", ajoute-t-elle.
Les climatologues ont montré que les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.
"L’extension de la saison des vagues de chaleur est caractéristique des effets du changement climatique", explique Robert Vautard, chercheur du CNRS au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.
"Cette extension continuera tant que les émissions nettes de gaz à effet de serre ne seront pas nulles. Il faudra s’attendre plus tard à de telles vagues de chaleur en avril ou octobre", ajoute-t-il auprès de l'AFP.
Météo-France explique que la vigilance canicule est établie selon des seuils de températures qui "ne sont pas les mêmes pour tous les départements" et "tiennent compte notamment de la sensibilité de chaque territoire (et de sa population) à la chaleur".
Le niveau de vigilance jaune "correspond à un pic de chaleur, soit une exposition de courte durée (1 ou 2 jours) à une chaleur intense présentant un risque pour les populations fragiles ou surexposées (conditions de travail ou activité physique)", indique l'organisme.
F.Dupuy--PP