Petit Parisien - Canicule: la chaleur s'estompe à l'ouest mais se poursuit ailleurs

Paris -
Canicule: la chaleur s'estompe à l'ouest mais se poursuit ailleurs

Canicule: la chaleur s'estompe à l'ouest mais se poursuit ailleurs

L'épisode de fortes chaleurs qui touche la France depuis plusieurs jours a commencé à régresser vendredi, une poussée de mercure précoce qui a donné lieu à des critiques d'impréparation des pouvoirs publics.

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Ces températures de 10 à 15 degrés au-dessus des normales et largement inédites pour un mois de mai ont déjà provoqué plusieurs décès, selon les autorités.

Elles forcent par ailleurs entreprises, particuliers ou administrations à s'adapter.

Le proviseur de deux lycées de Rezé (Loire-Atlantique) a ainsi décidé depuis mercredi, et jusqu'à vendredi, de faire passer tous les cours de l'après-midi en distanciel pour préserver "la sécurité des personnes".

La SNCF a également annulé plusieurs trains entre Paris et le Sud-Ouest, ainsi qu'entre Bordeaux et Marseille, par crainte de pannes pour la climatisation de rames Corail.

Onze départements sont encore en vigilance orange vendredi: Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Charente-Maritime, Charente, Gironde, Paris, Deux-Sèvres, Vendée, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.

Elle a en revanche été levée sur le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et la Mayenne.

Météo-France ne prévoit plus que 20°C à Brest (après 29°C jeudi) et 23°C à Biarritz (après 34°C), mais encore 31°C à Rennes (après 35°C).

Il fera également moins chaud en Languedoc-Roussillon sous l'effet de brises, avec 29°C à Montpellier (contre 36°C la veille), 32°C à Perpignan (contre près de 38°C).

Mais pour d'autres régions - Centre-Ouest et Nord/Nord-Est - le thermomètre continuera de grimper. Paris devrait connaître son pic de chaleur, avec 35°C, de même que Lille (33°C).

- Arrosage des vaches -

Cet épisode caniculaire, d'une précocité inédite a déjà propulsé mardi l'indicateur thermique national à un niveau record pour une fin mai (24,9°C). Jeudi le record de chaleur pour un mois de mai en France a été battu avec 37,8°C, en Charente.

La chaleur devrait persister samedi du Centre au Nord-Est à la vallée du Rhône. Dans les régions de l'ouest, le thermomètre devrait continuer à régresser.

Météo-France prévoit une fin de l'épisode pour dimanche.

Taxé d'"impréparation" par l'opposition, le gouvernement s'est réuni jeudi sous l'égide du Premier ministre afin de travailler à un "plan d'endurance" pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.

Lors de cette réunion, Sébastien Lecornu a fait passer le message, selon des participants, que ce n'était pas à l'Etat de tout gérer - le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités - et qu'il mettait déjà beaucoup d'argent sur la table.

Mais pour nombre de politiques et d'ONG, le compte n'y est pas: Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, estime que le gouvernement s'est réuni "pour rien" jeudi.

Le chef de file des sénateurs PS, Patrick Kanner, a réclamé un "plan Marshall d'adaptation des services publics", tandis que Mathilde Panot pour les députés Insoumis a déploré un gouvernement pas "à la hauteur de l'enjeu" climatique. Le Rassemblement national appelle à un grand plan de climatisation.

"Il y a peut-être eu une maladresse de présentation mais on ne peut pas dire que l'Etat n'est pas prêt", assure un conseiller de l'executif.

En attendant, certaines professions revoient déjà totalement leurs façons de travailler.

Nadège Poumaere, éleveuse de vaches laitières à Sercus (Nord), équipera ainsi dans quelques semaines son étable de rideaux occultants, un investissement de 40.000 euros.

 

- Pollution -

La chaleur s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air, qui entraîne des épisodes de pollution notables et persistants.

Vendredi, l'Ile-de-France et les Hauts-de-France pourraient encore dépasser le premier seuil à risque, selon la plateforme nationale de prévision de la qualité de l'air Prev'Air.

Cet épisode caniculaire est causé par un "dôme de chaleur" têtu sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord.

L'Italie, le Royaume-Uni ou encore le Portugal connaissent aussi des pics de chaleur inédits pour un mois de mai.

Sous l'influence du changement climatique causé par les activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs, rares autrefois, ont tendance à être plus nombreuses, intenses et à intervenir plus tôt ou plus tard dans l'année.

Les prévisions officielles tablent sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici 2050.

bur-dep-lcr-jmi/ved/bow

V.Roy--PP