Petit Parisien - La tournée de hamburgers, ou comment Trump a embrouillé son monde avant de frapper l'Iran

Paris -
La tournée de hamburgers, ou comment Trump a embrouillé son monde avant de frapper l'Iran
La tournée de hamburgers, ou comment Trump a embrouillé son monde avant de frapper l'Iran / Photo: Mandel NGAN - AFP

La tournée de hamburgers, ou comment Trump a embrouillé son monde avant de frapper l'Iran

"Hamburgers pour tout le monde!" s'écrie Donald Trump vendredi en passant commande dans un restaurant au Texas. Neuf heures plus tard, depuis sa résidence de Floride, il annonce une opération militaire "majeure" contre l'Iran.

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Ces derniers jours, le président américain a multiplié les signaux confus, donnant à croire tantôt que la guerre était imminente, tantôt que la diplomatie restait d'actualité.

Cette stratégie des écrans de fumée n'a jamais été aussi apparente que pendant ce déplacement dans la ville texane de Corpus Christi, où le dirigeant républicain a livré un discours triomphaliste sur l'économie avant de s'arrêter dans l'une de ces chaînes de restauration rapide dont il est friand, Whataburger.

Coiffé d'une casquette rouge, le 47ème président des Etats-Unis a quitté les lieux avec un sac de nourriture à emporter portant le même numéro, et pris l'avion pour se rendre dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

C'est depuis ce complexe à la décoration chargée, véritable annexe de la Maison Blanche sous les palmiers, qu'il avait déjà supervisé en janvier la spectaculaire capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.

Cette fois, il y a fait venir le chef de la diplomatie Marco Rubio. Le chef du Pentagone Pete Hegseth et le chef d'état-major des armées Dan Caine ont aussi fait le déplacement, selon la presse.

Pour annoncer en pleine nuit aux Américains le déclenchement des frappes, il a troqué le couvre-chef rouge contre une casquette blanche siglée "USA", et a pris place derrière un pupitre orné du sceau présidentiel, un grand rideau bleu marine faisant office de fond.

- Spéculations -

Depuis quelques semaines, le déploiement de capacités militaires américaines sans cesse renforcées nourrissait les spéculations sur une opération de grande ampleur.

Et les auditeurs attentifs au très long discours sur l'état de l'Union de Donald Trump devant le Congrès, mardi, ont noté qu'il y esquissait un argumentaire favorable à une intervention.

Devant les parlementaires, Donald Trump a en particulier reproché à l'Iran de développer des missiles capables à terme, d'atteindre les Etats-Unis, et de n'avoir jamais renoncé à son programme nucléaire.

Mais l'ancien animateur de téléréalité a soufflé le froid autant que le chaud, disant à plusieurs reprises sa "préférence" pour la voie diplomatique.

Son agenda du week-end, à Mar-a-Lago, ne présentait rien d'inhabituel non plus: des plages de temps libre propices à la pratique du golf, son sport préféré, quelques réunions de travail et samedi un grand dîner de levée de fonds.

Le département d'Etat avait de son côté fait savoir que Marco Rubio se rendrait en Israël lundi, un projet de déplacement peu compatible avec une attaque imminente.

Seul élément curieux: aucun journaliste n'avait été invité, ce qui est très inhabituel.

Le vice-président JD Vance a lui aussi donné toutes les apparences d'une intense activité diplomatique, en rencontrant vendredi le ministre des Affaires étrangères d'Oman, un médiateur incontournable dans les discussions entre l'Iran et les Etats-Unis.

Donald Trump avait lui tout de même durci le ton vendredi en quittant la Maison Blanche pour le Texas, quand il s'était dit "mécontent" des réponses apportées par l'Iran dans les pourparlers.

Plus tard, toujours vendredi, il a botté en touche quand des journalistes lui ont demandé s'il était proche d'une décision sur d'éventuelles frappes en Iran.

Le président américain, quelques heures avant que de premières explosions ne retentissent à Téhéran, a répondu: "Je préfère ne pas vous dire. Ce serait le plus gros scoop de l'histoire, hein?"

R.Barthelemy--PP