Trump veut "décapiter" le pouvoir iranien, le pétrole flambe: les principaux développements
Au deuxième jour de l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran, les Etats-Unis ont poursuivi dimanche leur objectif de "décapiter" le pouvoir iranien, dont les frappes de représailles ont fait des morts en Israël et dans des pays arabes.
Au lendemain de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, le président américain a de nouveau exhorté les Iraniens à "reprendre le pouvoir".
- Trump crie vengeance
Les Etats-Unis ont annoncé dimanche avoir perdu trois militaires, leurs premières pertes dans le conflit. Ce ne seront pas les dernières, a prévenu Donald Trump, qui a promis de "venger" leur mort. Cinq autres militaires ont été grièvement blessés.
Comme la veille en annonçant l'opération militaire, il a lancé un appel au peuple iranien: "Reprenez le pouvoir, l'Amérique est avec vous". Il a aussi pressé une nouvelle fois les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique (IRGC), de "déposer les armes" ou mourir.
- Le pétrole flambe
A l'ouverture des marchés (23h00 GMT dimanche), les prix du pétrole ont flambé, le baril de Brent de la mer du Nord prenant 13%, à cause des craintes de graves perturbations sur l'offre mondiale de brut.
La navigation dans le détroit d'Ormuz, située entre l'Iran et Oman et par lequel transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est paralysée de facto.
Trois navires y ont été attaqués selon des agences de sécurité maritime dimanche. L'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région.
- L'appareil iranien frappé au coeur
Le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit, selon le Pentagone. Les autorités iraniennes n'ont pas commenté.
Les médias iraniens ont toutefois confirmé la mort de plusieurs hauts responsables du pays, notamment du chef des Gardiens de la Révolution, de celui d'état-major des forces armées, du ministre de la Défense et du chef des renseignements de la police.
Les frappes américano-israéliennes ont tué 48 "leaders" iraniens, selon Donald Trump, qui n'a toutefois pas expliqué de qui il s'agissait. Il a assimilé les dirigeants iraniens à des "terroristes qui ont déclaré la guerre contre, fondamentalement, la civilisation".
- "Aucune limite" pour l'Iran
Au lendemain de la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à le venger en évoquant un "droit et un devoir légitime" face à une "déclaration de guerre contre les musulmans".
L'Iran ne se fixe "aucune limite" pour cette riposte, a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à la chaîne de télévision américaine ABC, insistant sur le fait que le pays se défendait face à "un acte d'agression" de la part des Etats-Unis.
- Un mois d'opérations, dit Trump
"Quatre semaines ou moins", c'est l'estimation de la durée des opérations américaines qu'a donnée Donald Trump au quotidien britannique Daily Mail, sans toutefois fournir de détails sur son plan.
"Ça a toujours été un processus de quatre semaines, alors - aussi fort qu'est (l'Iran), le pays est grand, ça prendra quatre semaines ou moins", a déclaré le président américain.
L'armée israélienne a annoncé qu'elle allait mobiliser 100.000 réservistes.
- Localité israélienne endeuillée
Des missiles iraniens ont durement frappé le territoire israélien dimanche.
En soirée, sept personnes ont été blessées dans la région de Jérusalem par ces tirs. Plusieurs projectiles ont été interceptés au-dessus de Jérusalem, après l'activation des sirènes d'alerte signalant de nouvelles salves en provenance d'Iran.
Plus tôt, une ville du centre d'Israël avait payé le prix fort: un projectile iranien a tué à Bet Shemesh neuf personnes qui se mettaient à l'abri et fait 46 blessés. Onze sont toujours portées disparues.
L'immeuble qui abritait cet abri public a été pulvérisé par l'impact, qui a projeté des blocs de béton assez gros pour détruire des voitures stationnées à 50 mètres de là.
- Pays arabes visés
A la mi-journée, les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré avoir lancé une nouvelle vague d'attaques "de grande envergure" contre "l'ennemi", qui a ciblé plusieurs pays du Golfe.
Un haut responsable émirati a appelé l'Iran à revenir "à la raison": "Votre guerre n'est pas avec vos voisins". Téhéran a lui assuré qu'il visait des bases américaines et non ses voisins.
Des journalistes de l'AFP ont entendu dimanche de nouvelles explosions à Dubaï aux Emirats arabes unis, à Doha au Qatar, à Manama, capitale du Bahreïn, ainsi qu'à Ryad et à Erbil en Irak.
Les attaques de l'Iran contre les pays du Golfe, menées depuis samedi ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés.
Par ailleurs, les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" contre l'Iran pour défendre leurs intérêts dans la région.
- Hommage à Khamenei
Après les cris de joie ayant résonné à Téhéran samedi après la mort de l'ayatollah Khamenei, des milliers de personnes ont rendu hommage au guide suprême dans le centre de Téhéran dimanche aux cris d'"A mort l'Amérique!", "A mort Israël!".
Des rassemblements du même type ont été signalés à Chiraz, dans le sud, et à Yazd (centre).
Au Pakistan voisin, au moins 17 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations pro-iraniennes.
Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade des Etats-Unis, près de la zone verte.
A.Dupuis--PP