L'Inde et le Canada annoncent des accords sur les terres rares et l'uranium
L'Inde et le Canada ont convenu de plusieurs accords, portant notamment sur les minéraux critiques et l'approvisionnement en uranium, ont annoncé lundi les dirigeants des deux pays, marquant un réchauffement de leurs relations.
Ces accords, qui couvrent également le secteur des technologies et la promotion des énergies renouvelables, marquent un nouveau départ entre les deux puissances après une rencontre entre le Premier ministre canadien Mark Carney et son homologue indien Narendra Modi à New Delhi.
"Il ne s'agit pas simplement du renouvellement d'une relation. C'est l'expansion d'un partenariat précieux, avec de nouvelles ambition, orientation et vision", a salué M. Carney, ajoutant que "les gouvernements canadien et indien ont collaboré davantage l'année dernière qu'au cours de deux décennies réunies".
Les relations bilatérales s'étaient détériorées depuis 2023, lorsque Ottawa avait accusé New Delhi d'avoir orchestré l'assassinat à Vancouver d'un séparatiste sikh naturalisé canadien. Des allégations démenties par l'Inde.
"Nos relations ont connu un regain d'énergie, de confiance mutuelle et de positivité", a salué M. Modi.
La première visite en Inde de M. Carney depuis sa prise de fonction visait également à diversifier ses partenaires commerciaux, dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis.
- "Nouvelles opportunités" -
L'énergie a tenu une bonne place dans les discussions. Grand consommateur d'énergie et pays le plus peuplé du monde avec 1,4 milliard d'habitants, l'Inde veut porter sa capacité nucléaire de 8 gigawatts à 100 gigawatts d'ici 2047.
"Dans le domaine de l'énergie nucléaire civile, nous avons conclu un accord historique pour l'approvisionnement à long terme en uranium", a affirmé Narendra Modi, ajoutant que les deux pays travailleraient également ensemble sur des réacteurs modulaires de petite taille et des réacteurs avancés.
Mark Carney a annoncé le lancement d'un "partenariat énergétique stratégique à fort potentiel", comprenant un accord d'approvisionnement en uranium d'une valeur de 2,6 milliards de dollars canadiens (1,6 milliard d'euros).
"Au moment où l'Inde cherche à accéder à des minéraux critiques pour son industrie, ses technologies propres et ses centrales nucléaires, les ressources naturelles du Canada et ses entreprises de renommée mondiale en font un partenaire stratégique", a-t-il vanté.
La rencontre marque aussi la relance des négociations en vue d'un accord de partenariat économique global, évoqué de longue date.
"Notre objectif est d'atteindre 50 milliards de dollars d'échanges bilatéraux", a assuré M. Modi. "C'est pourquoi nous avons décidé de finaliser prochainement un partenariat économique global", a-t-il ajouté, affirmant que qu'un tel partenariat "ouvrira de nouvelles opportunités pour investir et créer des emplois dans les deux pays".
Les deux pays ont intensifié leurs efforts pour approfondir leur coopération dans le domaine des minéraux critiques, notamment pour la transformation des terres rares, éléments incontournables à l'alimentation de nombreux produits de haute technologie.
La Chine exerce un contrôle prépondérant sur les chaînes d'approvisionnement en terres rares, une situation que le Canada a soulignée tout au long de sa présidence du G7.
- Défense -
M. Carney a dit vouloir parvenir à un "accord ambitieux" d'ici la fin de l'année pour "réduire les obstacles et renforcer la confiance", ajoutant que les deux pays renouvelaient leur coopération en matière de sécurité grâce à un "nouveau partenariat de défense".
L'Inde affirme que les fonds de pension et les fonds souverains canadiens ont déjà investi 73 milliards de dollars.
Le Premier ministre canadien a fait de la réduction de la forte dépendance de son pays à l'égard de l'économie américaine la pièce maîtresse de sa politique économique extérieure.
En 2024, avant que le président américain Donald Trump ne revienne au pouvoir et ne bouleverse le commerce mondial par une rafale de droits de douane, plus de 75% des exportations canadiennes étaient destinées aux Etats-Unis.
Jusqu'à présent, M. Trump a globalement respecté l'accord de libre-échange nord-américain qu'il a signé durant son premier mandat, et environ 85% des échanges entre les Etats-Unis et le Canada restent exempts de droits de douane.
Le Premier ministre canadien doit désormais se rendre en Australie et au Japon.
B.Fabre--PP