Petit Parisien - Guerre au Moyen-Orient: les marchés pas convaincus par l'annonce d'un déblocage des réserves de pétrole

Paris -
Guerre au Moyen-Orient: les marchés pas convaincus par l'annonce d'un déblocage des réserves de pétrole

Guerre au Moyen-Orient: les marchés pas convaincus par l'annonce d'un déblocage des réserves de pétrole

L'annonce d'un déblocage massif de barils de pétrole stockés par une trentaine d'Etats n'a pas permis d'apaiser les tensions sur les marchés mercredi, les nerfs des investisseurs restant à vif après douze jours de guerre au Moyen-Orient.

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Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé "à l'unanimité" de libérer 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage "le plus important" de l'histoire de l'institution, a-t-elle annoncé mercredi.

La décision avait été éventée au préalable par des informations de presse et n'a provoqué qu'une très temporaire chute des cours du brut.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale pour le pétrole, a finalement avancé de 4,76% à 91,98 dollars sur la journée.

Son équivalent américain, le baril de WTI, a gagné 4,55%, à 87,25 dollars.

"Nous avons très peu d'informations sur cette annonce, nous ne savons pas quand elle entrera en vigueur, ni quelle sera la qualité du pétrole" libéré, commente auprès de l'AFP Robert Yawger, analyste pétrolier de Mizuho USA.

L'expert pointe aussi l'absence de détails sur les quantités remises sur le marché chaque jour ou la contribution de chaque pays.

Après une dizaine de jours de guerre, la moitié des 400 millions de barils va "à peine permettre de compenser ce qui a déjà été perdu", prévient Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France, interrogé par l'AFP.

Plusieurs pays se sont aussi engagés dans des annonces séparées à mettre à contribution leurs stocks, Donald Trump annonçant ainsi prélever "un peu" des réserves américaines.

"Libérer les réserves stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix peut sembler être une solution rapide, mais l'histoire montre que ce n'est souvent qu'un soulagement temporaire", prévient John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.

- Les Bourses en baisse modérée -

Le maintien des cours du pétrole à environ 20 dollars plus cher qu'avant le conflit a une nouvelle fois entraîné les places boursières en baisse.

La mise à l'arrêt d'une large partie des exportations d'hydrocarbures depuis le Golfe a tendu le marché pétrolier, et la hausse des prix fait craindre d'importantes difficultés économiques, en particulier une accélération de l'inflation.

A Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,61% et le S&P 500 a cédé 0,08%. Seul l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique est parvenu à grappiller 0,08%.

En Europe, Londres et Paris ont perdu respectivement 0,56% et 0,19% et Milan s'est repliée de 0,95%.

La place de Francfort a subi le plus fort recul du Vieux continent (-1,37%), plombée par la chute du géant de la défense Rheinmetall (-8,02%).

Rheinmetall a connu en 2025 une croissance de son bénéfice opérationnel, de son chiffre d'affaires et de ses commandes mais a affiché des prévisions légèrement en deçà des attentes du marché pour 2026, selon une note de la banque Berenberg.

- Les taux remontent -

Signe des tensions: les taux d'intérêt de la dette souveraine des pays des deux côtés de l'Atlantique sont repartis en hausse, poussés par les inquiétudes inflationnistes.

Vers 20H55 GMT, le rendement des emprunts de l'Etat américain à 10 ans se tendait nettement à 4,23% contre 4,16% à la clôture mardi.

Le taux d'intérêt de la dette allemande pour la même échéance, référence en Europe, atteignait 2,94%, contre 2,83% la veille en clôture. Son équivalent français grimpait à 3,57%, contre 3,44% mardi soir.

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé mardi que l'institution monétaire ferait tout ce qui est "nécessaire" pour que "l'inflation soit sous contrôle" malgré la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

Le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans atteignait lui 4,68%, contre 4,55%.

F.Dupuy--PP