Les Etats-Unis bombardent près du détroit d'Ormuz, l'Iran promet de "venger" Larijani
Les Etats-Unis ont annoncé mardi soir avoir ciblé avec des bombes parmi les plus puissantes de leur arsenal des sites iraniens de missiles près du stratégique détroit d'Ormuz, au moment où Téhéran prépare les funérailles d'Ali Larijani, son puissant chef de la sécurité.
"Il y a quelques heures, les forces américaines ont utilisé avec succès plusieurs bombes pénétrantes" de plus de deux tonnes "contre des sites iraniens de missiles le long de la côte iranienne près du détroit d'Ormuz", a indiqué sur X l'armée américaine.
"Les missiles de croisière antinavires présents sur ces sites représentaient un risque pour le trafic maritime international dans le détroit", a-t-elle ajouté.
Cette annonce intervient après que Donald Trump a fait marche arrière plus tôt dans la journée sur sa demande de soutien militaire international pour débloquer le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal près de 20% du brut et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL).
"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN", a assuré le président américain, en qualifiant "d'"erreur vraiment stupide" la position des alliés de l'Otan qui ont refusé de répondre positivement à sa requête.
- "Traquer" Mojtaba Khamenei -
Selon la société de renseignement maritime Windward, les données de suivi montrent que l'Iran effectue un "blocus sélectif" et a autorisé plusieurs navires "alliés" à traverser le détroit d'Ormuz.
Dans un message sur X, le président du Parlement iranien a averti que le détroit d'Ormuz "ne retournerait pas" à son fonctionnement d'avant-guerre, sans plus de détails.
Au lendemain de la mort d'Ali Larijani, considéré comme l'un des dirigeants les plus influents de la République islamique, le chef de l'armée iranienne, le général Amir Hatami, a promis de le "venger".
L'armée israélienne jure désormais de "traquer, trouver et neutraliser" Mojtaba Khamenei, qui a succédé comme guide suprême à son père il y a plus d'une semaine, mais n'est pas apparu en public depuis. Selon des responsables américains et israéliens, il pourrait avoir été "défiguré" et blessé à une jambe dans l'attaque qui a tué Ali Khamenei.
- "Celui qui tirait les ficelles" -
Les noms de Larijani et Soleimani s'ajoutent à une longue liste de dirigeants iraniens que les Etats-Unis et Israël ont éliminés, incluant le guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre le 28 février.
Ali Larijani a été visé par "des avions de combat américains et israéliens dans la maison de sa fille", selon Fars.
Encore apparu en pleine rue vendredi dans la capitale iranienne, parmi une foule de partisans du pouvoir, il était "le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines", assure un responsable militaire israélien s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Même avant, "il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles".
Le conflit, dans sa troisième semaine, se poursuit aux quatre coins du Moyen-Orient.
- Deux morts en Israël -
L'Iran continue de multiplier ses tirs contre Israël et sur ses voisins du Golfe, y visant à la fois des intérêts américains et des infrastructures civiles.
Dans la nuit de mardi à mercredi, deux personnes ont été tuées par des attaques iraniennes près de Tel-Aviv, selon les services de secours, portant le bilan à quatorze morts en Israël depuis le début de la guerre, selon un bilan compilé par l'AFP.
De fortes explosions ont été entendues à Dubaï par des journalistes de l'AFP. Des roquettes et des drones ont visé l'Arabie Saoudite et le Koweït, selon les autorités locales.
Au Liban, où les autorités ont recensé depuis le 2 mars 912 personnes tuées, dont 111 enfants, les frappes israéliennes sont également quotidiennes.
L'armée israélienne a appelé mardi soir les habitants de la quasi-totalité de la ville de Tyr, dans le sud du pays, à évacuer, et prévenu qu'elle comptait y "agir avec force" contre le Hezbollah pro-iranien.
Au moins six morts et 24 blessés ont par ailleurs été recensés dans des frappes israéliennes conduites tôt mercredi contre le centre de Beyrouth, selon un premier bilan des autorités locales. Une d'entre elles a été menée sans avertissement, selon des médias locaux.
- Ambassade à Bagdad attaquée -
L'Irak se retrouve aussi aspiré dans une guerre qu'il voulait éviter, avec des groupes pro-iraniens revendiquant quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains ou des sites pétroliers. En retour, ils sont visés par des frappes israélo-américaines.
L'ambassade des Etats-Unis a encore été attaquée mercredi matin par un drone, selon une source sécuritaire.
Les puissantes Brigades du Hezbollah pro-iraniennes ont fustigé la "présence américaine malveillante" en Irak et réclamé le départ de tous les "soldats étrangers du pays".
En Iran, les autorités ont appelé la population à se rassembler dans les rues contre les "complots" ennemis.
La télévision d'Etat a montré mardi de nombreux manifestants brandissant des drapeaux iraniens lors de rassemblements organisés avant une nuit habituellement marquée par des festivités liées au Nouvel an persan, Norouz.
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G.Renaud--PP