Petit Parisien - Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives

Paris -
Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives
Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives / Photo: Jure Makovec - AFP

Le Premier ministre slovène lance des discussions pour former une coalition au lendemain des législatives

Le Premier ministre slovène Robert Golob a invité lundi tous les partis représentés au parlement à des discussions pour former une coalition, au lendemain de législatives remportées de justesse par son parti libéral face aux conservateurs du pro-Trump Janez Jansa.

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Avec seulement 28,62% des voix et 29 sièges sur les 90 que compte l'assemblée du pays de 2,1 millions d'habitants membre de l'Union européenne, le parti Mouvement pour la liberté (GS) de M. Golob, 57 ans, ne peut prétendre diriger seul.

Le reste des sièges est réparti entre une mosaïque disparate de cinq petits partis, si bien que les analystes prédisent qu'il sera difficile de former un gouvernement stable.

"Nous sommes confrontés à des négociations difficiles", a reconnu M. Golob dimanche soir, après avoir revendiqué une victoire qu'il a qualifié de vote pour "la démocratie".

"Mais nous ne négocierons pas notre souveraineté. Nous ne laisserons pas des étrangers décider de notre souveraineté", a-t-il ajouté.

Les derniers jours de la campagne ont été marqués par des accusations d'ingérence étrangère.

Les autorités ont annoncé enquêter pour savoir si la société privée israélienne de renseignement Black Cube est derrière la mise en ligne d'enregistrements de conversations avec notamment un lobbyiste, un avocat et un ancien ministre.

Ces enregistrements suggèrent des faits de corruption au sein du gouvernement sortant. Avec pour objectif supposé d'influencer l'élection au profit de M. Jansa.

Ce dernier a reconnu avoir rencontré l'un des responsables de Black Cube mais a nié toute implication dans la publication des vidéos.

Sans remettre en cause les résultats du scrutin, Peter Jansa, 67 ans, a annoncé dimanche soir que ses équipes allaient "recompter chaque voix dans tous les bureaux de vote". "La Slovénie mérite la stabilité, mais je doute qu'elle l'obtienne au vu des résultats", a-t-il ajouté.

- "Dès que possible" -

Le président français Emmanuel Macron félicité M. Golob pour sa victoire "qui témoigne de la confiance des Slovènes dans un cap européen, démocratique et de progrès", selon un message posté sur X.

La présidente slovène Natasa Pirc Musar l'a également félicité, et appelé tous les partis "à s’asseoir à la table des négociations dès que possible".

Un parti anti-système et un parti conservateur fondé par l'ancien allié de Janez Jansa, Anze Logar, sont parvenus à entrer au parlement du pays de 2,1 millions d'habitants membre de l'Union européenne depuis 2004.

Après les élections d'avril 2022, Robert Golob, qui avait obtenu 41 sièges, avait formé une coalition avec les sociaux-démocrates (7 sièges) et la gauche (5 sièges), bénéficiant d'une confortable majorité de 53 sièges.

En une de son édition, le quotidien Dnevnik estimait lundi que Golob n'aura d'autre choix que négocier avec Anez Logar, qualifiant son succès de "victoire à la Pyrrhus".

Dans la précédente assemblée, il bénéficiait d'une confortable majorité de 53 sièges dont 41 pour son parti.

L'ancien dirigeant d'une entreprise publique énergétique avait succédé à Janez Jansa en 2022, dont le troisième mandat avait été marqué par des passe d'arme avec l'UE et une tentative de museler les médias, nourrissant les critiques sur une dérive illibérale à la Viktor Orban, dont il est proche.

Robert Golob a mené depuis un programme centré sur l'inclusion sociale, et a aussi légalisé le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe.

Sur le plan international, il a fermement critiqué la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine - l'un de ses seuls points communs avec M. Jansa -, les ambitions américaines sur le Groenland et a été l'un des rares pays de l'UE à qualifier la guerre d'Israël à Gaza de "génocide".

A.Perron--PP