Pakistan : à la frontière avec l'Afghanistan, des camions bloqués et des Afghans expulsés dans l'attente
Des centaines de camions chargés de lits, de meubles, ou de bois de chauffage bordaient mardi la route menant au principal poste-frontière, en grande partie fermé, entre l'Afghanistan et le Pakistan, engagé dans une campagne d'expulsion de migrants afghans.
Le Pakistan a lancé ces dernières années une campagne d'expulsions qui a déjà renvoyé des centaines de milliers de citoyens afghans en situation irrégulière, dont beaucoup avaient fait de ce pays voisin leur foyer.
Islamabad et Kaboul entretiennent des relations conflictuelles depuis le retour des talibans au pouvoir à Kaboul en août 2021, qui ont dégénéré en conflit armé et ont conduit à la fermeture quasi-totale, depuis octobre 2025, du principal poste-frontière entre les deux pays, celui de Torkham.
Les autorités ont toutefois indiqué à l'AFP qu'il avait rouvert le mois dernier pour permettre le passage des Afghans de retour dans leur pays.
Des deux côtés de la frontière, habitants et entreprises ont exprimé leur inquiétude face à l'ampleur des pertes financières dues au blocage des exportations.
"Ce serait bien que le Pakistan et l'Afghanistan résolvent ce problème par le dialogue et ouvrent la voie au commerce", a déclaré Mattiullah, un Afghan vivant au Pakistan qui attend de traverser la frontière. "Ce serait mieux pour les deux pays voisins".
Si les combats se sont atténués ces dernières semaines depuis des pourparlers en Chine début avril, les Nations unies ont continué de recenser des victimes civiles.
Lundi, plusieurs dizaines d'entre elles ont été tuées ou blessées dans des frappes qui ont touché l'est de l'Afghanistan, le gouvernement afghan blâmant le Pakistan qui, lui, nie.
Au poste-frontière, un millier de camions aux couleurs vives et richement décorés étaient alignés mardi le long de la route, leurs chauffeurs se reposant à l'ombre de leurs véhicules.
Dans la queue pour les contrôles d'immigration, des familles afghanes, dont des enfants, serraient des documents dans leurs mains et transportaient des biens essentiels, comme des thermos et des cuiseurs de riz.
Un responsable pakistanais posté à la frontière a indiqué à l'AFP qu'environ 4.000 à 6.000 Afghans de retour au pays traversaient chaque jour depuis le mois de mars.
"Pendant cette période, seuls leurs camions transportant leurs effets personnels sont autorisés à entrer en Afghanistan, tandis que la route commerciale reste complètement fermée", a-t-il expliqué, sous couvert d'anonymat.
L.Olivier--PP