Le nationaliste Janez Jansa, pro-Trump, aux marches du pouvoir en Slovénie
Le chef de la droite nationaliste slovène Janez Jansa, fervent admirateur de Donald Trump, a annoncé lundi avoir conclu un accord de coalition pour former un gouvernement, ce qui pourrait voir le pays de l'Union européenne reprendre un virage illibéral.
Proche de l'ex-Premier ministre hongrois Viktor Orban, Janez Jansa, 67 ans, prône un retour aux "valeurs slovènes", dont celles de la "famille traditionnelle", et promet de "fermer le robinet" de l'argent public à certaines ONG trop politiques selon lui.
Lors de son troisième mandat de 2020 à 2022, il avait multiplié les passes d'armes avec l'Union européenne et tenté de museler les médias, nourrissant les critiques sur une dérive antilibérale, avec des coupes dans le budget public.
"Les conditions sont réunies" pour une candidature comme Premier ministre, a déclaré M. Jansa aux médias lundi soir, après que son parti, le SDS, a approuvé un accord de coalition avec deux formations de centre-droit. "Ce sera fait demain", a ajouté celui qui a déjà été trois fois Premier ministre.
Son parti, le Parti démocratique slovène (SDS), était arrivé derrière le Mouvement pour la liberté (GS) du Premier ministre sortant libéral Robert Golob aux législatives du 22 mars.
Mais ce dernier, après avoir revendiqué la victoire, a renoncé à former un gouvernement faute d'avoir réussi à trouver suffisamment de partenaires pour former une coalition.
- Gestion autoritaire -
Sa gestion de la pandémie de Covid-19, jugée autoritaire, avait fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans les rues, et conduit à la victoire écrasante de M. Golob, alors novice en politique, en 2022.
Janez Jansa a conclu un accord avec le parti démocrate-chrétien Nova Slovenija (NSi) et le parti Les Démocrates de Anze Logar, lui permettant de s'assurer 43 des 90 sièges au Parlement.
Il bénéficie également du soutien des cinq députés de Resnica, parti antisystème qui est parvenu à entrer au Parlement lors du scrutin de mars, ce qui lui assure une majorité parlementaire.
L'analyste politique Aljaz Bitenc Pengov prédit cependant que cet attelage ne sera pas stable longtemps, car il "dépend de Resnica et du degré de satisfaction des Démocrates", aux positions éloignées.
Janez Jansa devra en outre "freiner l'agitation pro‑russe" de Resnica, a-t-il dit à l'AFP.
Le chef de Resnica, Zoran Stevanovic, a été élu président du Parlement avec l'appui des conservateurs de Jansa, de Nova Slovenija et des Démocrates de Logar.
La semaine dernière, il a déclaré que son parti "soutiendrait la candidature de M. Jansa au poste de Premier ministre" tout en ne rejoignant pas la coalition, voulant rester "un parti d'opposition farouche qui les surveillera de près".
Le programme de M. Jansa inclut également des baisses d'impôts et la décentralisation de certains services.
"Nous garantirons un Etat moins coûteux mais de meilleure qualité", a-t-il déclaré récemment aux médias, après avoir critiqué à de nombreuses reprises les dépenses du gouvernement de coalition de centre gauche de Robert Golob.
Il a également vivement critiqué la reconnaissance de la Palestine en 2024 par le gouvernement sortant.
Le parti de Robert Golob a fustigé l'accord de coalition.
"C'est un gouvernement pour lequel les électeurs n'ont pas voté. C'est le résultat de la tricherie, de promesses non tenues et de manipulations", a déclaré le chef du groupe parlementaire de GS, Borut Sajovic.
La fin de la campagne électorale avait été marqués par des accusations d'ingérence étrangère. Les autorités avaient annoncé enquêter pour déterminer si la société israélienne Black Cube se trouvait derrière la mise en ligne d'enregistrements de conversations avec notamment un lobbyiste, un avocat et un ancien ministre qui suggéraient des faits de corruption au sein du gouvernement Golob.
Peter Jansa a reconnu avoir rencontré l'un des responsables de Black Cube mais a nié toute implication dans la diffusion des vidéos.
W.Aubert--PP