De hauts responsables militaires américains et cubains se sont rencontrés à Guantanamo
De hauts responsables militaires américains et cubains se sont réunis vendredi à Guantanamo, à Cuba, dans un contexte de relations exécrables envenimées par les menaces de Donald Trump de prendre le contrôle de l'île.
Le général Francis Donovan, chef du commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom), a rencontré le chef d'état-major cubain, le général Roberto Legra Sotolongo, pour "un bref échange sur des questions de sécurité opérationnelle", a annoncé le Southcom dans un communiqué sur X, accompagné d'une photo.
L'entrevue s'est déroulée à Guantanamo, base américaine située dans le sud-est de l'île.
Dans une courte publication sur Facebook, le ministère des Armées de Cuba a indiqué que "les deux délégations ont jugé cette rencontre positive" et sont convenues de "maintenir la communication".
Les relations entre les deux pays se sont considérablement tendues depuis janvier. Les Etats-Unis ont imposé un blocus pétrolier de facto à l'île, édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé l'ex-président Raul Castro dans une affaire remontant à 1996.
Cette rencontre intervient également alors que Cuba a récemment envisagé des scénarios pour utiliser des drones militaires contre la base navale américaine de Guantanamo, voire contre le territoire des Etats-Unis, selon des informations de médias américains.
Le général Donovan a mené une évaluation de la sécurité du personnel et du périmètre de la base, a précisé le Southcom.
"La base navale de la baie de Guantanamo est un centre opérationnel et logistique essentiel qui soutient les efforts militaires des Etats-Unis visant à contrer les menaces qui compromettent la sécurité, la stabilité et la démocratie dans notre hémisphère", est-il ajouté.
Le ministère cubain a aussi expliqué que des questions "liées à la sécurité autour du périmètre de l'enclave militaire" américaine avaient été soulevées".
- "Menace extraordinaire" -
Le président Donald Trump estime que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride (sud-est), représente "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des Etats-Unis.
Il a plusieurs fois menacé d'en "prendre le contrôle".
Les deux gouvernements disent toutefois poursuivre leurs contacts diplomatiques.
Mi-mai, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu à La Havane pour rencontrer de hauts responsables cubains.
Une autre réunion, à un haut niveau diplomatique, a eu lieu le 10 avril dans la capitale cubaine. Aucun avion gouvernemental américain n'avait alors atterri à Cuba depuis 2016.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a néanmoins affirmé il y a une semaine que Washington était "déterminé" à imposer un changement sur l'île.
Lui-même d'origine cubaine et farouche opposant au gouvernement communiste, il a aussi affirmé que les Etats-Unis espéraient éviter le recours à la force et privilégiaient "une solution diplomatique".
Alors que les Etats-Unis musclent leur discours, Cuba a mis en doute jeudi leur "sérieux" et leur "sens de responsabilité" dans le processus de négociation, dénonçant des "actions agressives".
La Havane a redit sa volonté de poursuivre le dialogue.
L'île est économiquement au bord du gouffre en raison du blocus pétrolier et des sanctions américaines, qui entraînent de graves pénuries et des coupures de courants.
Elle a, selon M. Rubio, accepté une offre d'aide de 100 millions de dollars, sous conditions.
Cuba a par ailleurs reçu récemment un chargement de 15.000 tonnes de riz de la part de la Chine, l'un de ses soutiens.
C.Langlois--PP