Petit Parisien - Lyhanna: l'exécutif déplore des dysfonctionnements "accablants", la procureure d'Auch pointée du doigt

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Lyhanna: l'exécutif déplore des dysfonctionnements "accablants", la procureure d'Auch pointée du doigt
Lyhanna: l'exécutif déplore des dysfonctionnements "accablants", la procureure d'Auch pointée du doigt / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

Lyhanna: l'exécutif déplore des dysfonctionnements "accablants", la procureure d'Auch pointée du doigt

Au lendemain de la découverte dans le Gers d'un corps étant probablement celui de Lyhanna, 11 ans, l'exécutif a déploré vendredi les dysfonctionnements "accablants" des services de l'Etat, une source gouvernementale déplorant que la procureure d'Auch n'ait pas appliqué la circulaire pénale priorisant les enfants victimes.

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"Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement (...) et c'est inacceptable", a déclaré depuis le Monténégro le président Emmanuel Macron, qui ne veut "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a pointé "des dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'Etat", quand le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est dit "choqué".

Le chef du gouvernement a réuni pendant plus de deux heures vendredi à Matignon ses ministres Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice) et David Amiel (Comptes publics) pour "faire un point de situation" sur cette affaire qui suscite une vive émotion et de nombreux commentaires politiques dans le pays.

Le Premier ministre a demandé que "les premières conclusions" de l'enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale "lui soient remises sous 15 jours".

Gérald Darmanin, qui s'exprimera aussi vendredi soir au JT de TF1, a invité tous les procureurs généraux à se réunir à la Chancellerie dès lundi matin.

Si les manquements des services de l'Etat restent à établir, une source gouvernementale a déploré auprès de l'AFP que la circulaire pénale priorisant les enfants victimes dans le traitement des plaintes n'ait pas été "appliquée par la procureure d'Auch", Clémence Meyer. Cette instruction signée par Gérald Darmanin avait été diffusée en janvier.

- Autopsie diligentée -

Un corps paraissant être celui de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue à Fleurance le 29 mai, a été retrouvé jeudi au sein d'une exploitation agricole, près du village de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de distance, dans le même département du Gers.

Une autopsie doit permettre d'"identifier formellement le corps et proposer des conclusions médico-légales sur les causes de la mort", a précisé le procureur d'Agen Olivier Naboulet. Elle devra également déterminer si la victime a subi des violences sexuelles, et ses résultats devraient être connus dans la journée ou samedi.

Père de deux enfants, le principal suspect, Jérôme B., un homme de 41 ans qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille, a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré. Il avait travaillé dans l'exploitation agricole dans laquelle a été retrouvé le corps, selon un responsable agricole gersois.

Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.

Selon la procureure de la République d'Auch, il avait fait l'objet de plaintes en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. La seconde est toujours en cours.

Dans un communiqué diffusé par leur avocat, la famille a exprimé "le plus grand effroi".

Le député du Gers David Taupiac avait alerté, lors d'une question au gouvernement en avril 2025, sur les difficultés de fonctionnement du tribunal d'Auch, "confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu'à des dysfonctionnements informatiques répétés". "Ça a perturbé le travail de la justice", a déclaré le parlementaire à l'AFP vendredi.

- "Faillite" judiciaire -

En attendant les résultats de l'autopsie, plusieurs candidats à l'Elysée, potentiels ou déclarés, ont fait part de leurs critiques et posé la question de la prise en compte des témoignages d'enfants.

"Notre système judiciaire est une faillite, il faut le réformer en profondeur", a estimé de son côté le président des Républicains et candidat pour 2027 Bruno Retailleau.

"Il faut créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants", avec une "accélération des procédures" et des "responsabilités clairement établies en cas de défaillance", a déclaré pour sa part Edouard Philippe, prétendant Horizons à la présidentielle.

A gauche, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, également candidate à l'Elysée, a elle dénoncé une affaire "symbole d'un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles".

Sur RTL vendredi, Eric Mouzin, père de la petite Estelle victime du tueur en série Michel Fourniret, a estimé "surréaliste" que les ministres de l'Intérieur et de la Justice "semblent découvrir l'existence de dysfonctionnements au sein de leur ministère", soulignant que la situation n'était pas "le fruit d'une évolution du dernier mois ou de quelques semaines", mais datait de bien plus longtemps.

Sur Franceinfo, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a appelé à donner "des réponses politiques à la hauteur pour donner les moyens nécessaires aux enquêteurs sur ces sujets alors que le gouvernement n'a fait que les couper".

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H.Guyot--PP