Petit Parisien - Inde: le chef de l'opposition appelle à la démission de Modi après la répression d'une manifestation

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Inde: le chef de l'opposition appelle à la démission de Modi après la répression d'une manifestation

Inde: le chef de l'opposition appelle à la démission de Modi après la répression d'une manifestation

Le chef de l'opposition indienne Rahul Gandhi a appelé mardi à la démission du Premier ministre Narendra Modi en raison de la répression musclée d'une manifestation d'étudiants, demandant des réformes du système universitaire et le renvoi du ministre de l'Education.

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Lundi, des milliers de personnes se se sont rassemblées dans la capitale New Delhi à l'appel du mouvement de contestation indien du "parti des cafards" qui fédère la colère contre les fraudes aux examens et le ras-le-bol de la jeunesse du pays.

Lors de cette manifestation, l'une des plus importantes depuis l'arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, au moins 180 personnes ont été blessées selon la police, des centaines selon les étudiants après que la police a tiré des gaz lacrymogènes et chargé à coups de bâton.

M. Modi doit démissionner "pour avoir détruit l'avenir de la jeunesse indienne", a déclaré Rahul Gandhi, du parti du Congrès, dans un message publié sur les réseaux sociaux au moment où, avec d'autres parlementaires, il se dirigeait à pied vers la résidence du Premier ministre à New Delhi.

Le mouvement de contestation indien du "parti des cafards" a promis mardi de poursuivre sa mobilisation jusqu'au départ du ministre de l'Education, Dharmendra Pradhan, et une réforme des examens.

Le parti, dont les initiales CJP singent celles du Parti nationaliste indien (BJP) de Narendra Modi, a vu le jour en mai et compte des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux.

"Nous ne nous arrêterons pas. M. (Dharmendra) Pradhan doit être viré", a déclaré Ashutosh Ranka, un responsable du parti dans un message publié sur les réseaux sociaux, au lendemain de la plus importante manifestation organisée dans la capitale indienne depuis cinq ans.

Des centaines de manifestants campent toujours mardi sur le site du rassemblement, beaucoup exigeant une profonde réforme du système éducatif et des examens.

Le fondateur du CJP, Abhijeet Dipke, a exhorté les participants à ne pas "perdre espoir".

- "Un jour honteux" -

"Ils veulent nous casser le moral", a-t-il affirmé, juché sur le toit d’un camion. "Ne les laissez pas vous réduire au silence".

Au moins 178 personnes, dont une majorité de policiers, ont été blessées lundi à New Delhi lors des affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre, selon un communiqué de la police.

Plus de 118 membres des forces de l'ordre ont été blessés lors de heurts provoqués par une foule décrite comme "violente" et "lors des heurts, environ 60 manifestants auraient également été blessés", a-t-elle affirmé.

Selon les organisateurs, "des centaines" de participants ont été blessés et une évaluation du nombre de victimes est en cours.

"C'est un jour honteux dans l'histoire de la démocratie indienne: des personnes, des étudiants honnêtes, qui étaient venus pour une cause légitime, ont été brutalement battus par la police de Delhi", a déclaré à l'AFP M. Ranka.

Il est l'un des deux représentants du CJP, un mouvement lancé en mai par un étudiant indien diplômé aux Etats-Unis, à avoir rencontré lundi un ministre pour discuter de leurs revendications, sans réponse du gouvernement pour le moment.

Sur place, mardi, des manifestants interrogés par l'AFP se disaient déterminés à poursuivre leur action.

"Nous avons encore moins peur qu'avant", a déclaré Chandra Pratap Sishwi, un étudiant qui entend devenir avocat.

- Série de scandales -

L'opposition au Parlement a exigé mardi un débat sur ces violences.

"Les étudiants ont été battus pour avoir posé des questions légitimes sur leur propre avenir", avait déclaré un peu plus tôt Rahul Gandhi.

Malgré une croissance économique rapide, des millions d'habitants du pays le plus peuplé du monde peinent à décrocher un emploi stable et rémunéré, ce qui alimente le mécontentement de la jeunesse.

La colère est alimentée par une série de scandales liés à des fuites aux examens qui ont ébranlé la confiance dans le système de tests du pays.

En mai, une fraude a précipité l'invalidation d'un examen passé par plus de deux millions d'aspirants étudiants en médecine. Un contretemps qui a poussé, selon les médias locaux, plusieurs candidats au suicide.

Le ministre des Affaires parlementaires, Kiren Rijiju, a pris la parole mardi devant la chambre basse pour défendre le gouvernement, assurant qu'il avait réagi rapidement aux fuites en faisant arrêter plusieurs personnes.

Il a ajouté que, lors d’une réunion à huis clos mardi avec les alliés de la coalition au pouvoir, M. Modi avait appelé à la mise en place d’un "dispositif infaillible" pour empêcher toute nouvelle irrégularité.

Le Premier ministre n’a, jusqu’à présent, pas commenté directement le mouvement de contestation.

J.Lemaitre--PP