Petit Parisien - Dans la Hongrie post-Orban, la liberté retrouvée au festival de musique de Sziget

Paris -
Dans la Hongrie post-Orban, la liberté retrouvée au festival de musique de Sziget
Dans la Hongrie post-Orban, la liberté retrouvée au festival de musique de Sziget / Photo: Attila KISBENEDEK - AFP

Dans la Hongrie post-Orban, la liberté retrouvée au festival de musique de Sziget

Naviguant entre concerts et farniente dans les hamacs, les festivaliers de Sziget à Budapest savourent leur liberté retrouvée dans la Hongrie post-Orban, les organisateurs se réjouissant de ne plus avoir à affronter de "vents contraires" depuis l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement beaucoup plus tolérant.

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Le Sziget Festival, qui se tient tous les ans sur une île du Danube à Budapest, est connu comme "l'Ile de la liberté" car il cultive de longue date une réputation d'ouverture et de diversité. Laquelle s'est trouvée parfois en décalage avec la vision "illibérale" de l'ancien dirigeant ultraconservateur Viktor Orban.

L'édition 2026 arrive quelque mois après la victoire du pro-européen Peter Magyar en avril, qui a fait danser de joie de nombreux jeunes Hongrois dans les rues de Budapest la nuit de l'élection, mettant fin à seize années de pouvoir de M. Orban.

"C'est comme si tout ce qui était arrivé ces six derniers mois allait culminer ici", confie à l'AFP Greta Racz, 27 ans, volontaire dans une association pro-démocratie. "Les étrangers viennent nous voir et nous disent combien ils sont fiers de nous, et nous demandent comment c'était, et comment ont vit ce changement", raconte-t-elle.

- "L'ADN de Sziget" -

Contrairement aux années passées, des ministres ont consulté les organisateurs sur des questions pratiques allant des transports aux services de santé, et se sont déplacés au festival.

"Nous avons pu faire notre job sans vents contraires. C'est énorme en soi!", explique Tamas Kadar, à la tête de l'organisation.

Crée en 1993, Sziget attire chaque année près de 400.000 personnes. L'affluence a été un peu plus faible en 2026 avec environ 350.000 festivaliers, une baisse attribuée à la canicule par les organisateurs. Au programme cette année: Twenty One Pilots, Florence+the Machine, Lewis Capaldi et Sombr.

Et comme toujours, le festival a accueilli des sessions de plaidoyers incluant la promotion des droits LGBTQ.

C'est exactement "l'ADN" du festival, qui en faisait une cible sous Viktor Orban, a encore expliqué Tamas Kadar.

Il a aussi déploré que le festival, un des plus grands évènements touristiques de Hongrie, n'ait reçu aucun soutien depuis dix ans, même quand il a fallu renoncer à deux éditions en raison de la pandémie de Covid-19.

Une loi anti-LGBTQ de 2021 interdisant "la promotion de l'homosexualité" auprès de mineurs avait aussi forcé les organisateurs à mettre en place des contrôles d'identité pour s'assurer que seuls des majeurs pouvaient assister à certains événements.

"C'est une mesure indigne et complètement absurde, chaque année il y avait quelque chose du genre", regrette Tamas Kadar.

- "Liberté artistique" -

Cela a cessé après une décision de la justice européenne cette année. Les tensions ont été à leur comble quand le gouvernement d'Orban a empêché le groupe de rap irlandais Kneecap de se produire pour trois ans, l'accusant de "discours haineux antisémites", a encore raconté le responsable.

"Vous pouvez juger le positionnement politique d'un groupe d'un côté ou de l'autre. Mais le fait de traiter la liberté artistique avec autant d'ignorance a encore ajouté aux difficultés", commente-t-il.

"C'est un festival, on parle de création, de culture, et cela doit se traiter dans ce contexte", explique Ildiko Eva Sopov du parti Tisza (conservateur) au pouvoir, après avoir participé à une table ronde. Le nouveau gouvernement n'interférera pas avec de la politique et de l'idéologie dans un endroit où il "ne doit pas avoir de rôle", insiste-t-elle.

Tous les festivaliers rencontrés par l'AFP disent avoir apprécié la "vibe" du festival.

"Sziget a toujours été une bulle politique, tout le monde étant sympa et libéral", souligne Marton Szabo, 25 ans, qui assistait au festival pour la quatrième fois.

D'autres reconnaissent s'être désengagés de la politique. "Maintenant qu'il y a eu un changement de gouvernement, je suis beaucoup moins intéressée", indique Niki Liptak, 24 ans. "C'est l'été!"

E.Pelletier--PP