Petit Parisien - La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney... mais pas aux réalisatrices

Paris -
La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney... mais pas aux réalisatrices
La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney... mais pas aux réalisatrices / Photo: Stefano RELLANDINI - AFP/Archives

La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney... mais pas aux réalisatrices

La 83e édition de la Mostra de cinéma de Venise s'est ouverte mercredi sur la question brûlante du manque de réalisatrices en lice, pointé du doigt par la présidente du jury Maggie Gyllenhaal, tandis que George Clooney, à qui sera remis dans la soirée un prix pour l'ensemble de sa carrière, a vivement critiqué le gouvernement américain, dirigé par les "personnes les moins qualifiées".

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Parmi les 21 films en lice pour le prestigieux Lion d'or à Venise cette année, seuls deux - dont un co-réalisé avec un homme et ajouté tardivement à la sélection - ont été mis en scène par des femmes.

"Je suppose qu’il est désormais clair une bonne fois pour toutes que les hommes font de meilleurs films que les femmes", a ironisé l'actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal, après que le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, se soit justifié en juillet, avançant que la qualité des films réalisés par des femmes présentés au comité de sélection du festival n'avait pas permis de les programmer.

"Il y a évidemment un problème systémique. Je pense vraiment qu'il est beaucoup plus difficile pour les femmes de faire financer leurs films", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse en présence d'Alberto Barbera.

Rare représentant d'Hollywood dans un festival qui fait cette année la part belle aux films indépendants, George Clooney a déclaré aux journalistes qu'il avait "beaucoup d’affection" pour la Mostra de Venise, qui doit honorer dans la soirée sa longue carrière d'acteur, réalisateur et producteur.

La mégastar de 65 ans a également fustigé l'administration Trump, estimant que les Etats-Unis étaient actuellement une "kakistocratie", soit "un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées".

Si le plus ancien festival de cinéma au monde - pourtant considéré comme une rampe de lancement pour les Oscars - manque de blockbusters cette année, plusieurs films sont consacrés à des figures charismatiques, à l'instar d'Elon Musk, du fondateur de la marque Diesel Renzo Rosso - dans le premier long-métrage italien entièrement réalisé grâce à l'intelligence atificielle - ou encore des frères Gallagher du groupe Oasis.

En ouverture du festival mercredi soir sera projeté "Ink", film retraçant l'histoire du tabloïd anglais The Sun et de son propriétaire Rupert Murdoch.

Robert Pattinson incarnera lui un présentateur télé sans scrupule dans "Primetime", inspiré par Chris Hansen, le créateur du programme "To Catch a Predator".

- Polémique en Ukraine -

D'autres documentaires sur le conflit israélo-palestinien seront présentés hors compétition, à l'instar de "Citizen Osama", sur un photojournaliste à Gaza, et de "Road to Jericho" de l'Israélien Amos Gitai.

"Il n'y a pas moins de quatre films qui abordent la question palestinienne et la situation actuelle en Iran, et il ne peut donc y avoir aucun doute sur notre position par rapport à ce sujet", a souligné mardi auprès de l'AFP Alberto Barbera, dont le festival a été critiqué l'an dernier par un collectif pour son manque d'engagement en faveur de la cause palestinienne.

Tancé pour la quasi absence de femmes réalisatrices en compétition, à part Rachel Szor et la danoise May El-Toukhy, la Mostra a aussi essuyé des critiques pour avoir programmé "Dau", du réalisateur Ilya Khrzhanovsky.

Le ministère de la Culture ukrainien a également dénoncé un projet lié à des intérêts russes et des oligarques. La Mostra a défendu le film, en insistant sur le statut d'exilé de son réalisateur, un opposant politique de longue date à Vladimir Poutine qui a renoncé à sa nationalité russe.

- Films français à l'honneur -

Si les grandes avant-premières hollywoodiennes seront largement absentes, une tendance déjà observée à Berlin et Cannes, le documentaire "Don't Look Back in Anger" produit par Disney sera toutefois présenté hors compétition.

Le film retrace la tournée de retour l'an dernier du mythique groupe de britpop Oasis formé des frères Liam et Noel Gallagher, lesquels devraient être présents sur le tapis rouge samedi.

En revanche, une place de choix est accordée cette année par la Mostra au cinéma français avec quatre longs-métrages en lice.

Florian Zeller ("Father") est très attendu avec son thriller "Bunker" mettant en scène le couple star espagnol Javier Bardem et Penélope Cruz.

Cédric Kahn présentera lui "15/18", une plongée dans le quotidien d'une unité de soins pédopsychiatriques.

Nicolas Pariser ("Alice et le maire") viendra défendre "Un peu avant minuit" avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani, et Stéphane Brizé ("La Loi du marché") proposera une nouvelle radiographie du capitalisme contemporain et de ses travers avec "Un bon petit soldat".

Cinq longs-métrages de réalisateurs italiens sont également en compétition, dont "Succederà questa notte" marquant le retour à Venise de Nanni Moretti, avec Louis Garrel à l'affiche.

B.Roussel--PP