Sommet sur le cinéma: Macron appelle à "reprendre le contrôle" sur l'IA
Le président français Emmanuel Macron a donné le coup d'envoi lundi d'un sommet international inédit sur l'avenir du cinéma à Saint-Paul-de-Vence (sud), en appelant à "reprendre le contrôle" sur les technologies comme l'IA qui menacent ou concurrencent le 7e art mondial.
"Nous ferions une erreur formidable (...) si cette technologie devenait un instrument qui se substitue ou prétendrait se substituer aux auteurs", a déclaré le chef de l'État lors de ce sommet Lumière dédié au 7e art, fragilisé par la chute de la fréquentation en salles et la concurrence des écrans de smartphone.
"Nous devons ouvrir une ère où l'intelligence artificielle se développe de manière plus responsable et davantage autour de l'humain", a renchéri à la tribune le président sud-coréen Lee Jae Myung, dont le pays co-organise cet événement au très large casting.
"Il ne s'agit pas d'imaginer qu'on va, en une journée, régler toutes les difficultés", a reconnu Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma français (CNC), qui copilote l'évènement, mais "il y avait besoin de pouvoir relever la tête" et de prendre des "mesures concrètes".
En ouverture des débats, nichés au sein de la prestigieuse fondation Maeght d'art contemporain, la France et la Corée du Sud ont annoncé la création d'un fonds d'un milliard d'euros, abondé à parité par les deux pays, qui aura pour vocation de soutenir "la filière de l'image" au sens large dans les cinq prochaines années et ira au service d'entreprises françaises et sud-coréennes de l'image animée.
S'agissant plus spécifiquement du 7e art, une nouvelle organisation internationale baptisée Iris rassemblera "l'ensemble des salles de cinéma indépendantes" afin de "préserver la diversité de ce modèle", a détaillé le président Macron à la tribune.
"Nous devons nous attaquer à la crise qui frappe les salles de cinéma", a déclaré son homologue sud-coréen.
- Absence de YouTube -
Absents cette année des grands festivals de cinéma, dont la Mostra de Venise qui se déroule actuellement, les patrons des studios américains Sony Pictures et Disney ou de l'Académie des Oscars seront présents au sommet, même si la crise lancinante à Hollywood a érodé leur influence.
Les grandes sociétés d'intelligence artificielle générative sont elles aussi absentes alors mêmes qu'elles sont accusées de piller les créations audiovisuelles et cinématographiques pour entraîner leurs modèles.
"Le sommet sera l'occasion (...) de réaffirmer que la propriété intellectuelle n'est pas négociable", a déclaré son secrétaire général Vincent Florant, faisant allusion à la déclaration finale qui ponctuera ce "Davos du cinéma" dont les tables rondes sont très orientées business.
Tout au long de la journée, les différents intervenants sont ainsi notamment invités à "repenser la valeur de l'image animée" ou à "financer l'ambition créative".
Les échanges entre dirigeants du cinéma ou de l'audiovisuel et gouvernants se dérouleront néanmoins derrière des portes closes.
En dépit de cette tonalité très économique, la touche glamour n'a pas été totalement occultée et le sommet a ainsi accueilli la mégastar américaine George Clooney, qui foulait encore il y a quelques jours le tapis rouge de la Mostra de Venise.
Le raout a par ailleurs reçu le soutien à distance du réalisateur américain Martin Scorsese et de la star française Isabelle Huppert.
X.Gerard--PP