Petit Parisien - Trump réunit son camp et joue la tête de gondole avant les élections de mi-mandat

Paris -
Trump réunit son camp et joue la tête de gondole avant les élections de mi-mandat
Trump réunit son camp et joue la tête de gondole avant les élections de mi-mandat / Photo: SAUL LOEB - AFP

Trump réunit son camp et joue la tête de gondole avant les élections de mi-mandat

Donald Trump réunit son camp pour deux jours de rassemblement inédit à partir de mercredi à Dallas (Texas), misant sur sa popularité pour mobiliser les républicains avant des élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour la majorité.

Taille du texte:

Jamais encore les républicains n'avaient organisé de convention avant ce type d'élections. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d'élection présidentielle.

A moins de deux mois du scrutin, fixé au 3 novembre, les projections sont sombres pour les républicains : elles anticipent que les démocrates vont s'emparer de la majorité à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, et possiblement de justesse au Sénat, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.

Alors le président octogénaire s'est mis en tête de faire venir les électeurs aux urnes sur son seul nom, malgré sa popularité au plus bas - tombée sous les 35% dans un récent sondage -, entre guerre en Iran dans l'impasse et prix qui flambent, ceux de l'essence en tête.

"Faites comme si mon nom était sur le bulletin de vote, s'il vous plaît. Venez et votez", a-t-il plaidé il y a quelques semaines au cours d'un meeting.

- Deux fois à la tribune -

A Dallas, dans la grande salle de l'équipe de basket des Mavericks, il va prononcer un discours dans la soirée et doit s'exprimer de nouveau le lendemain, après son vice-président JD Vance.

"Dire aux gens de voter pour un candidat imaginaire ne fonctionnera probablement pas", estime auprès de l'AFP Matthew Green, professeur de sciences politiques à l'Université catholique d'Amérique (CUA), à part peut-être auprès des "pro-Trump purs et durs".

"Il aurait été plus efficace que le président trouve le moyen de maintenir sa cote de popularité au-dessus de 40 %", poursuit-il, en observant que "quand vous vous situez entre 30 et 35%, c'est généralement synonyme de très mauvais résultat pour votre parti".

Cette convention pas comme les autres, qui se tiendra "à guichets fermés" selon Donald Trump, est pensée comme une succession de prises de parole - une cinquantaine par jour.

Elles viseront à égrainer les accomplissements revendiqués des deux dernières années, des baisses d'impôts à l'offensive contre l'immigration, et à dépeindre les démocrates en "extrémistes", en particulier avec la récente série de succès de son aile gauche.

Si plus d'une centaine de candidats et parlementaires républicains sont annoncés, nombre d'autres, engagés dans des courses serrées notamment, ne s'y rendront pas. Pour éviter d'associer frontalement leur campagne à un président aussi impopulaire et clivant ou pour une question de timing, tardif.

- "Distance" -

"Si vous êtes un républicain dans une circonscription indécise, vous voulez sans doute rester autant que possible à distance de Trump", résume Matthew Green.

Et "à l'approche de la mi-septembre, les candidats veulent passer autant de temps que possible sur le terrain à faire campagne", complète-t-il.

Si JD Vance ou le chef de file des députés républicains Mike Johnson ont dit comprendre cet impératif de mener campagne, Donald Trump tient un discours différent.

"Nous ne demandons qu'aux candidats dans des courses serrées, un peu devant, un peu derrière, ou à égalité, de parler. Nous voulons leur réserver la scène", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social mardi soir.

Parmi ses proches, se succéderont à la tribune les ministres de la Santé et des Finances, Robert Kennedy Jr et Scott Bessent, celle qui était jusqu'à peu la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, ou encore un de ses fils, Donald Trump Jr.

Ces 48 heures serviront aussi à collecter des fonds. La presse américaine rapporte qu'une photo aux côtés de Donald Trump se monnaie près de 90.000 dollars et la participation à une table ronde en sa présence 250.000 dollars.

Le rassemblement texan devra par ailleurs faire face à la concurrence de la très populaire ligue de football américain, dont les deux premiers matches de la saison se jouent les mêmes soirs.

B.Pichon--PP