Suède : ultimes débats avant des législatives très serrées
Logement, climat, école, emploi, sécurité : les candidats des huits partis en Suède se sont affrontés dans une ambiance électrique jeudi soir sur les principales préoccupations des électeurs avant les législatives du 13 septembre.
La chaîne TV4, organisatrice du débat, l'un des derniers avant le scrutin, a limité à 30 secondes le temps de parole de chacun.
Deux heures d'échanges qui ont porté sur des thématiques chères aux Suédois : comment stimuler l'emploi dans un pays qui compte un demi-million de chômeurs, faciliter l'accès au logement, améliorer les résultats scolaires ou encore assurer la sécurité du pays dans un monde de plus en plus conflictuel.
"De moins en moins de gens ont la possibilité de réaliser leur rêve d'accéder à la propriété. Le mode de vie de Monsieur Tout-le-monde est devenu trop cher. Cela fait quatre ans que le chômage ne cesse d'augmenter, et que les salaires suffisent de moins en moins, (...) tout est devenu plus cher", a lancé la cheffe de l'opposition sociale-démocrate Magdalena Andersson au sujet des logements.
Le Premier ministre sortant du parti conservateur des Modérés, Ulf Kristersson, s'est également montré offensif. "Ne parlez pas mal de la Suède. Jamais autant de Suédois ne se sont rendus au travail le matin. Nous avons des entreprises suédoises qui conquièrent le monde entier, notamment dans le secteur de la tech, que le reste du monde nous envie".
La campagne électorale a été dominée par des questions de santé, de l'Etat-providence et du pouvoir d'achat. Pendant plusieurs mois, les jeux semblaient être faits : les sondages plaçaient en tête, avec une forte avance, l'opposition de centre-gauche, emmenée par Magdalena Andersson.
Mais récemment, la coalition gouvernementale de centre-droit de M. Kristersson, et son soutien parlementaire, le parti anti-immigration Démocrates de Suède (SD), ont réduit l'écart et le résultat des élections pourrait se jouer à très peu de choses.
- "Pas sa place" -
Le dernier sondage Novus publié mercredi crédite les quatre partis de gauche et du centre d'environ 50,7% des intentions de vote, contre 48,1% pour les quatre formations de droite.
Les SD avaient devancé en 2022 le parti de M. Kristersson pour devenir la deuxième force politique du pays, avec environ 20% des voix.
En cas de nouvelle victoire du bloc de droite, ce parti exige désormais des portefeuilles ministériels, une promesse qui leur a été faite par le Premier ministre sortant.
Mais dans un contexte sécuritaire dégradé et avec la proximité géographique de la Russie, une révélation survenue quelques jours avant le scrutin de dimanche est venue s'immiscer dans le débat.
La fondation Expo, qui documente l'évolution de l'extrême droite suédoise, a dévoilé qu'une employée des SD au Parlement avait plusieurs fois partagé de la propagande prorusse.
Un argument que la cheffe de l'opposition n'a pas hésité à utiliser jeudi soir, lors du débat télévisé.
"Lundi, nous pourrions nous réveiller avec un gouvernement où les clés du ministère de la Défense seraient confiées aux Démocrates de Suède, un parti dont il a une nouvelle fois été révélé qu'il était infiltré par des sympathisants de Poutine. Ne prenez pas ce risque", a-t-elle piqué.
Ce à quoi Jimmie Åkesson - qui avait assuré ne pas être au courant de ces informations au moment de la publication de l'enquête - a répondu: "C'est un niveau de débat qui, à mon avis, n'a pas sa place ici".
Si l'opposition l'emporte, une période de négociations devrait s'ouvrir, les partis de gauche n'ayant pas encore défini précisément la forme que prendrait leur coopération au gouvernement.
X.Gerard--PP