Le chef de l'ONU appelle à une "coordination mondiale" sur l'IA
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a jugé mercredi "indispensable" une "coordination mondiale" sur l'IA, faisant écho aux appels à mieux réguler le secteur.
"Les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités. La première responsabilité de tout gouvernement est de protéger ses citoyens, y compris contre les menaces liées à l'intelligence artificielle", a déclaré le chef de l'ONU lors d'une conférence de presse.
Mais si "l'action au niveau national est essentielle, une coordination mondiale est également indispensable", a-t-il poursuivi, car "l'IA ne s'arrête pas aux frontières, pas plus que les risques qu'elle comporte".
Antonio Guterres a ajouté que ce thème serait "un sujet majeur de discussion" entre les différents dirigeants qui seront réunis la semaine prochaine à New York pour la semaine de haut niveau de l'assemblée générale de l'ONU.
Les appels à mieux réguler le développement de l'intelligence artificielle (IA) se multiplient après une série d'incidents et des mises en garde alarmantes de nombreux dirigeants du secteur.
Mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé pour sa part qu'elle allait réunir des grands acteurs du secteur pour soutenir leurs efforts visant à ralentir le développement des modèles les plus risqués.
Interrogé sur le type de coordination qui pourrait être promu, Antonio Guterres a pris l'exemple de ce qui a pu être mis en place en matière de risque nucléaire.
"Je rappelle que, pendant la Guerre froide, il y avait évidemment une confrontation entre les Etats-Unis et l'Union soviétique, mais qu'il existait aussi, s'agissant des risques nucléaires, un certain nombre de contacts", a-t-il dit.
"A un moment donné, des accords ont même été conclus pour réduire les arsenaux nucléaires, et des mesures ont été prises après la détection de certains risques. Nous nous souvenons, par exemple, de la crise de Cuba", a poursuivi M. Guterres.
Dans le même esprit, sur l'IA, "il est essentiel que les pays qui disposent de capacités importantes (...) mettent en place des mécanismes de contact et d'échange d'informations, ainsi que certains garde-fous communs", a-t-il insisté, afin de prévenir d'éventuelles "catastrophes gigantesques à l'échelle mondiale".
P.Bouvier--PP