Petit Parisien - Traité plastique: le pilote des discussions espère un accord en mars

Paris -
Traité plastique: le pilote des discussions espère un accord en mars
Traité plastique: le pilote des discussions espère un accord en mars / Photo: CHAIDEER MAHYUDDIN - AFP

Traité plastique: le pilote des discussions espère un accord en mars

Les pays qui négocient un traité sur la pollution plastique, projet des Nations unies qui peine à voir le jour, sont moins divisés qu’auparavant et un accord pourrait être conclu en mars, a assuré jeudi à l’AFP le diplomate qui préside les discussions.

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"Mon plan et mon espérance, c’est que nous puissions adopter le traité lors de l’INC 5.4, si nous suivons les étapes adéquates, si nous progressons de façon régulière et si nous complétons la feuille de route que j’ai présentée", déclaré Julio Cordano, à propos de cette nouvelle session de négociations intergouvernementale prévue en mars prochain.

L’ambassadeur chilien s’exprimait à Bangkok après des pourparlers informels à huis clos avec les chefs de délégation.

En amont de ces discussions, Cordano a publié une "aide aux négociations", un document non contraignant esquissant un possible traité, avec des crochets autour des sections les plus controversées.

Il s’agit pour l’essentiel des mêmes points qui ont fait capoter les précédentes sessions de discussions, notamment un plafonnement de la production de plastique, la mention de la santé humaine, et la désignation de produits plastiques problématiques ou de substances chimiques préoccupantes.

Le diplomate prévoit de publier une nouvelle "aide aux négociations" en novembre, avant une dernière série de discussions informelles en janvier.

"Je pense que les gens sont en train de se comprendre (...) Je pense que c’est une raison d’être optimiste", a ajouté celui qui était le négociateur en chef du Chili au sommet de l'ONU sur le climat.

"Tout le monde voit bien qu’il s’agit d’un problème qui nécessite une solution", a-t-il aussi assuré.

Julio Cordano a pris début 2026 la présidence des négociations sur le traité plastique. Son prédécesseur avait démissionné en octobre 2025.

Les négociations visant à aboutir à un traité contre la pollution plastique ont débuté en 2022, sous l'égide de l'ONU, avec un calendrier de deux ans.

Mais des négociations cruciales en Corée du Sud en 2024 ont échoué, et une nouvelle tentative à Genève l’année suivante n’a pas davantage abouti.

Une majorité de pays ont réclamé des mesures ambitieuses et juridiquement contraignantes pour réduire la production de plastique, dont le volume devrait tripler d’ici 2060.

Mais un bloc plus restreint de pays, pour la plupart exportateurs de pétrole — notamment l’Arabie saoudite, le Koweït et la Russie — s’est opposé à de telles restrictions, cherchant à concentrer davantage l’attention sur la gestion des déchets.

Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole et grand consommateur de plastique, étaient également opposés au projet de traité en août 2025.

"Je pense que vous seriez surpris d’entendre les membres sur ces sujets. Je pense qu’ils sont bien plus proches que de simples positions binaires irréconciliables", a toutefois assuré M. Cordano jeudi.

- "voies différentes" -

Des sources ont indiqué à l’AFP que certains pays soutiennent de plus en plus l’idée d’un document qui proposerait des options : les États les plus ambitieux pourraient choisir de limiter la production ou certains produits, tandis que d’autres ne le feraient pas.

L’idée de "voies différentes ou de points de départ différents" est "inscrite dans notre mandat", a expliqué M. Cordano.

Le diplomate a également appelé à faire preuve de pragmatisme et à se concentrer sur l’objectif final d'avoir un traité.

"Il y a plus d’une façon d’y parvenir, et je pense que les membres en prennent conscience".

Il reste toutefois de sérieuses divergences à résoudre, notamment sur les mécanismes d’adoption du traité et de ses modifications à venir.

Certains pays souhaitent que toutes les décisions soient prises par consensus. Mais d'autres estiment que cela permettrait à une petite minorité de bloquer les avancées.

M. Cordano a affirmé que son objectif restait un "traité qui sera accepté par tout le monde", tout en reconnaissant des inquiétudes concernant la mise en œuvre future de l’accord si le consensus est la règle.

Il s’agit de "de proposer un système qui permette à ce traité, à l’avenir, d’être efficace, sans qu'il soit bloqué, ou gelé faute de consensus", a-t-il déclaré.

D.Moulin--PP