Petit Parisien - Brésil: Lula décroche un quatrième mandat, Bolsonaro veut l'annulation du scrutin

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Brésil: Lula décroche un quatrième mandat, Bolsonaro veut l'annulation du scrutin
Brésil: Lula décroche un quatrième mandat, Bolsonaro veut l'annulation du scrutin / Photo: Juan BARRETO - AFP

Brésil: Lula décroche un quatrième mandat, Bolsonaro veut l'annulation du scrutin

Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu dimanche, décrochant contre toute attente un quatrième mandat inédit, mais son rival conservateur Flavio Bolsonaro a annoncé son intention de faire annuler le scrutin.

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Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump. Il reste l'un des rares bastions progressistes en Amérique latine.

Avec près de 51,8 % des voix contre 48,2 % pour Flavio Bolsonaro, le vétéran de presque 81 ans a déjoué tous les pronostics.

Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a déclaré Lula depuis la mégalopole Sao Paulo.

Bolsonaro père purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022.

- "Magouille" -

Pour son quatrième mandat, la marge de manoeuvre du chef de l'Etat s'annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.

La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale.

Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.

L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.

"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille", jugeant que le scrutin s'est déroulé de façon "inacceptable".

Selon lui, "beaucoup de choses restent à éclaircir" après la prolongation inédite des opérations de vote.

- "Victoire historique" -

C'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).

Lula est apparu dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, sautant de joie avec des lunettes rouges en forme d'étoile.

À l'annonce du résultat, une foule de sympathisants a aussi laissé éclater sa joie, notamment sur l'emblématique avenue Paulista de Sao Paulo et dans le centre-ville de Rio de Janeiro, où des feux d'artifice ont été tirés.

"Je suis très émue. C'est une victoire historique pour le président Lula. Le peuple s'est mobilisé, s'est uni", dit à l'AFP Mariana Andrade, avocate de 33 ans à Rio.

"C'est surréaliste, c'est encore plus fort que le foot. Mon équipe a perdu cette semaine, mais là c'est incomparable, c'est notre vie, tout le monde uni pour une cause", exulte Paulo Nascimento, commerçant de 41 ans dans la capitale.

- Meta dans la mêlée -

Du point de vue personnel, la réélection de Lula est le couronnement d'une trajectoire hors du commun. Et un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).

Il détenait déjà un record: aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil.

Celui qui est déjà un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son dernier mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.

Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT).

Le PT reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000.

Son leader lui-même a connu l'opprobre d'une condamnation pour corruption qui lui a valu 580 jours en prison en 2018-2019, avant d'être annulée pour motifs de procédure.

Durant sa campagne, Lula a brandi l'étendard de la souveraineté, face aux pressions commerciales et diplomatiques des États-Unis.

Mais c'est Meta qui dans les derniers jours a été la cible des attaques de la gauche.

La maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram a été accusée par l'équipe de Lula d'"ingérence" et de favoriser Flavio Bolsonaro sur ses plateformes. Dimanche soir, Lula a promis de "réguler" les réseaux sociaux.

Le géant américain de la tech a nié tout parti pris, mais reconnu des "problèmes techniques" ayant pénalisé la campagne de la gauche sur ses plateformes.

H.Lecomte--PP