Petit Parisien - Présidentielle 2027 : La dynamique numérique de David Lisnard bouscule-t-elle la droite ?

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Présidentielle 2027 : La dynamique numérique de David Lisnard bouscule-t-elle la droite ?
Présidentielle 2027 : La dynamique numérique de David Lisnard bouscule-t-elle la droite ?

Présidentielle 2027 : La dynamique numérique de David Lisnard bouscule-t-elle la droite ?

David Lisnard, candidat de Nouvelle Energie, connaît une progression inattendue dans les intentions de vote grâce à une campagne numérique intensive. Ce « phénomène d'automne » place le maire de Cannes au coude-à-coude avec Bruno Retailleau, interrogeant la droite sur sa capacité à absorber cette nouvelle dynamique politique.

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David Lisnard, candidat du parti Nouvelle Energie à l'élection présidentielle de 2027, s'impose comme la surprise politique de l'automne. Après un début de campagne discret, le maire de Cannes a réussi à percer le mur du son médiatique en déployant une stratégie numérique agressive, lui permettant de gagner des points dans les intentions de vote et de placer Bruno Retailleau, figure de proue de la droite, au coude-à-coude. Cette ascension rapide interroge sur la pérennité de sa dynamique et son impact réel sur le paysage politique français.

Lancé dans la course à l'Élysée en mars dernier après avoir quitté Les Républicains avec fracas, David Lisnard avait initialement connu une entrée en matière timide. Ce n'est que récemment qu'il est parvenu à émerger, en misant sur une présence massive sur les réseaux sociaux et un positionnement « anti-système ». Le candidat libéral a publié de nombreuses vidéos pour défendre sa volonté de « débureaucratiser » le pays et son plan de réduction des dépenses publiques. Cependant, c'est surtout la campagne coordonnée autour du hashtag #Ilsepassequelquechose, relayé massivement par ses soutiens sur la plateforme X, qui a permis à sa candidature de gagner en visibilité.

Alexandra Martin, députée des Alpes-Maritimes et porte-parole du candidat, décrit cette dynamique comme une réalité née du terrain avant de se démultiplier en ligne. « Quand on dit qu'il se passe quelque chose, c'est d'abord venu du terrain. Vous allez dans un dîner de famille, en ville, chez le médecin, on vous parle de David Lisnard ! », explique-t-elle. Elle souligne également que cette émergence place Lisnard comme une « troisième voie » face aux pronostics favorisant un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Cette stratégie n'est pas le fruit du hasard. Le 21 septembre dernier, Frank Tapiro, publicitaire, avait dévoilé lors d'un meeting la volonté de constituer une « armée créative » pour inonder les réseaux sociaux de contenus variés et interpellants. L'objectif affiché était de vendre la « marque Lisnard » et de susciter la curiosité des médias et des instituts de sondage avant même de détailler le programme politique. Le pari semble porter ses fruits : le candidat a enregistré plus de 300 000 nouveaux abonnés sur Instagram en un mois et a vu sa cote grimper sur Polymarket, site de paris en ligne interdit en France. Ces performances ont suscité des soupçons d'opérations publicitaires orchestrées par des soutiens investissant des milliers d'euros, accusations que l'équipe du candidat dément formellement.

Les résultats électoraux reflètent cette nouvelle réalité. Dans un sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud-Radio publié à la mi-octobre, David Lisnard obtient 6 % d'intention de vote, devançant Bruno Retailleau qui figure à 5 %. Il récidive dans un sondage Cluster 17 pour Politico publié le lundi 26 octobre, où il atteint 8 %, contre 7 % pour son rival des Républicains. « On est dans une très bonne dynamique, les gens adhèrent, les élus nous rejoignent », insiste Alexandra Martin, qui y voit la preuve de la nécessité d'une primaire à droite.

Du côté des Républicains, la réaction officielle reste mesurée. Pierre-Henri Dumont, porte-parole de Bruno Retailleau, tente de relativiser l'impact de cette dynamique. « Les Français ne sont pas encore dans la campagne. David, il est jeune, il passe pour nouveau, mais il faut que tout le monde redescende, les sondages de novembre sont toujours démentis par les votes d'avril », affirme-t-il. Il ajoute que Retailleau et Lisnard se voient régulièrement et ne seront pas candidats l'un contre l'autre, considérant même que la montée de Lisnard permet de ramener de nouveaux électeurs.

Toutefois, des voix au sein de la droite expriment plus de scepticisme. Julien Aubert, vice-président LR, compare David Lisnard à Éric Zemmour ou Jean-Marie Chevènement en leur temps : « C'est le candidat de l'automne... mais les qualités de l'automne ne sont pas forcément celles du printemps ». Un soutien de Bruno Retailleau nuance davantage, soulignant que « une fois que la com' s'est évaporée, il y a le fond », et qualifiant le projet de Lisnard de « vague » comparé à la précision des mesures de Retailleau.

L'avenir politique de David Lisnard pourrait également être compromis par sa propre stratégie. Certains élus lui reprochent de jouer sur deux tableaux entre ses déclarations tapageuses et sa proximité supposée avec l'extrême droite. Cette exposition accrue risque de mettre en péril son poste de président de l'Association des maires de France (AMF), dont le renouvellement est prévu lors du congrès des maires du 24 au 26 novembre. Comme le suggère un élu soutien, la situation s'éclaircira vite : soit Lisnard reste une bulle numérique comme Zemmour, soit il monte inexorablement comme Chirac en 1995. En attendant, le maire de Cannes n'a pas souhaité répondre aux sollicitations des médias, laissant ses alliés et ses détracteurs interpréter cette « dynamique » inédite.

Y.Leger--PP