Petit Parisien - Paludisme: feu vert de l'OMS à un traitement inédit pour les nourissons

Paris -
Paludisme: feu vert de l'OMS à un traitement inédit pour les nourissons
Paludisme: feu vert de l'OMS à un traitement inédit pour les nourissons / Photo: Sia KAMBOU - AFP/Archives

Paludisme: feu vert de l'OMS à un traitement inédit pour les nourissons

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour la première fois préqualifié un traitement antipaludique pour les nouveau-nés et les nourrissons, offrant un espoir pour les 30 millions de bébés nés chaque année dans les zones d'endémie en Afrique.

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Cette préqualification du premier traitement spécifiquement conçu pour les nouveau-nés et les nourrissons pesant entre deux et cinq kilogrammes permet aux agences spécialisées de l'ONU, comme l'Alliance du vaccin (Gavi) et l'Unicef de l'acheter pour le distribuer dans les pays aux ressources limitées.

La préqualification "atteste que le médicament répond aux normes internationales de qualité, d'innocuité et d'efficacité, et contribuera à élargir l'accès à un traitement de qualité pour l'un des groupes de patients les plus vulnérables", a annoncé l'OMS dans un communiqué.

Ce nouveau traitement préqualifié, l'artéméther-luméfantrine, est la première formulation antipaludique spécifiquement conçue pour les très jeunes patients atteints de paludisme.

Jusqu'à présent, les nourrissons étaient traités avec des formulations destinées aux enfants plus âgés, ce qui augmentait les risques d'erreurs de dosage, d'effets secondaires et de toxicité, explique l'organisation.

"Pendant des siècles, le paludisme a arraché des enfants à leurs parents et a privé des communautés de santé, de richesse et d'espoir", a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS.

"Mais aujourd'hui, la situation change. De nouveaux vaccins, des tests de diagnostic, des moustiquaires de nouvelle génération et des médicaments efficaces, y compris ceux adaptés aux plus jeunes, contribuent à inverser la tendance", a-t-il poursuivi.

La préqualification de l'OMS permettra aux pouvoirs publics de passer des marchés, contribuant ainsi à combler un manque de traitement persistant pour quelque 30 millions de bébés nés chaque année dans les zones d'endémie palustre en Afrique.

Par ailleurs, l'OMS a également préqualifié trois nouveaux tests de diagnostic rapide (TDR) conçus pour répondre aux nouveaux défis en matière de dépistage.

Les TDR les plus courants fonctionnent en détectant la protéine HRP2, mais selon des études, certaines souches du parasite du paludisme ne révèlent plus cette protéine, devenant ainsi invisibles à ces tests.

Dans les pays de la Corne de l'Afrique, jusqu'à 80% des cas n'ont pas été diagnostiqués, ce qui a conduit à des retards de traitement, des formes graves de la maladie, voire des décès.

Les nouveaux tests remédient à ce problème en ciblant une autre protéine (pf-LDH) que le parasite du paludisme ne peut pas facilement éliminer.

Ces annonces interviennent à la veille de la Journée mondiale du paludisme, lors de laquelle l'OMS et ses partenaires entendent lancer un appel à la mobilisation.

Le Rapport mondial sur le paludisme 2025 estimait à 282 millions le nombre de cas et à 610.000 le nombre de décès en 2024, un chiffre en augmentation par rapport à 2023.

Si 47 pays ont été certifiés exempts et que 37 pays ont signalé moins de 1.000 cas en 2024, les progrès au niveau mondial stagnent, face notamment la résistance aux médicaments et aux insecticides, les échecs de diagnostic et la forte réduction de l'aide internationale au développement, selon l'OMS.

D.Clement--PP