Top 14: à Toulouse, Efrain Elias déjà comme à la maison
Puissant, mobile et efficace, le jeune deuxième ligne du Stade toulousain Efrain Elias éclot cette saison en Top 14, loin de son Argentine natale mais épaulé par ses "grands frères" Juan Cruz Mallia et Santiago Chocobares.
Traverser l'Atlantique à 20 ans, quitter le cocon familial, découvrir une nouvelle ville, la vie d'adulte et, très vite, se plier aux exigences du très haut niveau: tout est allé très vite pour l'enfant de Cordoba, propulsé à Toulouse et ses plus de 20 Brennus.
"Ca a été un peu plus difficile au niveau personnel, mais dès que je suis arrivé, les garçons, les Argentins notamment comme Juanchi (Mallia) et Choco (Santiago Chocobares), les gens ici au club m'ont aidé à m'adapter et ça a fait que tout a été plus simple", rembobine auprès de l'AFP Efrain Elias, 21 ans, et arrivé à l'été 2024 dans la Ville rose.
Deuxième ligne de formation, le jeune Puma aux deux sélections promène son physique impressionnant - 2,01 m pour 119 kg - parmi la jeune garde toulousaine en cette période de doublons où les nombreux internationaux sont mobilisés avec le XV de France, dont les habituels titulaires dans la cage Manny Meafou et Thibaud Flament.
Après six apparitions lors de sa première saison, Elias prend de la place dans la rotation, avec 13 feuilles de match à son actif depuis septembre, dont six comme titulaire.
Arrivé au rugby en suivant son grand frère sur les nombreuses pelouses du Jockey Club de Cordoba, au coeur de l'Argentine, il a gravi les échelons petit à petit, jusqu'aux premières approches du Stade toulousain.
- "Philosophie de jeu" -
Le contact s'est noué fin 2023, après le Mondial U20 auquel avait pris part le jeune Argentin. Les choses se sont ensuite accélérées, et après sa première sélection avec les Pumas face aux All Blacks, le deuxième ligne a traversé l'Atlantique pour s'engager avec Toulouse.
Coéquipier du frère de Juan Cruz Mallia au pays, Elias a décroché son téléphone pour appeler le trois-quarts aux mille talents, Toulousain depuis 2021, afin de se renseigner.
"On a parlé de la situation et il m'a beaucoup aidé dans ma prise de décision, pour clarifier certains doutes que je pouvais avoir", explique Elias, qui n'hésite pas à qualifier Mallia et Chocobares de "grands frères" dans son aventure européenne.
"Il savait qu'en arrivant au Stade à 20 ans, ça allait être compliqué pour jouer, pour gagner sa place en équipe première. Il a beaucoup bossé pour essayer de gagner des minutes, de gagner des feuilles de match", souligne "Choco".
Doté d'un gros potentiel et d'une "capacité à jouer aux deux postes de deuxième et troisième ligne", selon l'entraîneur des avants Jean Bouilhou, Elias s'est rapidement mis au diapason d'un jeu toulousain où le ballon vit en permanence.
"C'est quelque chose qui est hors du commun, que peu d'équipes font. Ici, on profite de toutes les opportunités qu'on peut avoir sur le terrain, on joue de partout, et j'adore cette philosophie de jeu", se réjouit l'Argentin.
Victime d'une charge totalement incompréhensible, la tête en avant, du talonneur du Racing 92 Janick Tarrit en novembre, Elias avait répondu dans la foulée par un essai en puissance. Et le deuxième ligne a de nouveau franchi la ligne d'en-but, pour la troisième fois au total cette saison, lors de la dernière journée sur la pelouse du Stade français, pour le seul essai de la partie remportée par les hommes d'Ugo Mola (13-9).
Efrain Elias grandit vite et ne peut s'empêcher de regarder vers son "rêve", le Mondial-2027 en Australie, où il espère voyager avec les Pumas.
"Être dans un club comme ça, où on joue avec un gros rythme, où les entraînements sont d'un excellent niveau, avec de très bons joueurs, ça aide à grandir, à s'améliorer. Mon plus grand objectif est de jouer avec les Pumas, c'est ce que je préfère, ce que je désire le plus, et je suis dans le meilleur endroit pour être sélectionné", assène-t-il.
L.Olivier--PP