Paris-Nice: c'est court mais c'est bon pour Godon
Le champion de France Dorian Godon a remporté samedi à Isola la 7e étape de Paris-Nice, réduite à 47 kilomètres à cause des conditions climatiques épouvantables dans la région niçoise.
Déposé à la perfection par ses coéquipiers d'Ineos, le bolide de Vitry-sur-Seine s'est imposé au sprint devant l'Erythréen Biniam Girmay et le Néerlandais Cees Bol après seulement une heure de course pour apporter à la France sa première victoire dans cette 84e édition particulièrement arrosée.
"Je ne pensais jamais gagner une étape de montagne un jour sur Paris-Nice", a plaisanté ce gros gabarit après avoir triomphé dans cet ersatz de ce qui devait être l'étape-reine de la "Course au soleil".
Dès vendredi, les organisateurs avaient décidé de raccourcir l'étape puisque les chutes de neige rendaient impossible une arrivée dans la station de ski d'Auron.
Ils ont encore réduit le kilométrage samedi matin alors que des trombes d'eau s'abattaient sur Nice, rendant la première partie du parcours trop dangereuse.
"Ca tombait très fort, on a eu beaucoup de cailloux sur la route. Il ne fallait surtout pas prendre ce risque-là", a expliqué le directeur de la course, Yannick Talabardon, à l'arrivée.
Après un transfert en bus, les coureurs ont finalement pris le départ à 13h45 au Plan du Var, où il ne pleuvait plus. Un chasse-neige avait permis de dégager la route à Isola où des flocons étaient tombés dans la matinée.
Même le départ improvisé a été agité puisque le directeur technique de l'épreuve, Thierry Gouvenou, a failli se faire renverser par le peloton. Et quelques mètres plus loin, plusieurs coureurs sont allés au sol dans un rond-point.
A la présentation des équipes sous le déluge, de nombreux coureurs avaient rechigné à prendre le départ. Certains préféraient en rire à l'image de l'Australien Jensen Plowright, qui s'est présenté avec un masque de... plongée sous-marine sur le nez, ou le Français Axel Zingle, en chaussettes-claquettes.
- "Comme sur le canapé" -
Au final, la course a pu avoir lieu – "on a eu le feu vert de la préfecture des Alpes-Maritimes vers 13h20", a expliqué Talabardon – dans un format minimaliste sur des routes humides mais larges et praticables.
"C'est très important que l'étape ait lieu, on est sur une des plus grandes courses au monde. A mon avis, on aurait juste pu s'arrêter dix kilomètres plus tôt, car c'était très glissant à la fin et on a vu plusieurs chutes", a estimé Jonas Vingegaard, toujours nanti d'une avance énorme de 3 min 22 sec sur le Colombien Dani Martinez au classement général à la veille de l'arrivée finale à Nice.
Vidée de l'essentiel de sa substance, l'étape s'est donc résumée à une montée en faux-plat jusqu'à Isola.
Mais cela n'a rien enlevé au bonheur de Dorian Godon qui regrettait seulement de ne pas s'imposer avec le maillot bleu-blanc-rouge puisqu'il portait une veste de pluie aux couleurs de son équipe par dessus.
Déjà deuxième la veille à Apt - "je tournais autour et je commençais à en avoir marre" - il a été idéalement emmené par son équipe pour décrocher la 17e victoire de sa carrière, la première avec Ineos, qu'il a rejoint cet hiver.
"Un train de fou, j'étais comme sur le canapé", a savouré le Français.
Dimanche, lors de la dernière étape, il se donnera "à 300%" pour essayer d'emmener son leader Kévin Vauquelin, actuellement quatrième du général, sur le podium.
Et ensuite, il se fera plaisir. "Avant le début de saison, j'avais acheté une bouteille de vin qui s'appelle Satisfait. Elle est à la maison et je n'avais pas le droit de l'ouvrir tant que je n'avais pas gagné. C'est l'objectif désormais."
A.Dupuis--PP