Petit Parisien - Ski alpin: Alexis Pinturault annonce sa retraite, une page se tourne pour les Bleus

Paris -
Ski alpin: Alexis Pinturault annonce sa retraite, une page se tourne pour les Bleus
Ski alpin: Alexis Pinturault annonce sa retraite, une page se tourne pour les Bleus / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Ski alpin: Alexis Pinturault annonce sa retraite, une page se tourne pour les Bleus

"Tourner la page" pour "passer à autre chose": le skieur Alexis Pinturault, plus grand palmarès français en Coupe du monde, a annoncé samedi qu'il mettrait un terme à sa carrière à la fin de l'hiver après des blessures à répétition qui auront eu raison de sa motivation.

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"Après 15 ans de carrière, l'idée pour moi, c'est maintenant de me retirer, de passer à autre chose", a affirmé avec une émotion contenue le skieur, qui avait convoqué les médias à Courchevel, la station savoyarde où il a grandi.

"Dans une carrière, il faut se réinventer sans cesse, toujours trouver quelque chose qui va nous animer. Si on n'arrive pas à trouver la raison qui va nous faire lever le matin, ou en tout cas une raison suffisante, c'est le bon moment pour tourner cette fameuse page. Je pense qu'aujourd'hui, j'en suis là", a ajouté "Pintu".

Avec 34 victoires en Coupe du monde (77 podiums) et un gros globe de cristal en 2021, trois médailles olympiques, sept médailles mondiales individuelles dont deux titres en combiné, Alexis Pinturault a l'un des plus grands palmarès du ski français.

L'annonce de sa retraite, 17 ans et un jour après ses débuts en Coupe du monde en 2009 et à quelques jours de ses 35 ans, n'est toutefois pas une surprise tant le skieur savoyard peinait depuis trois ans à retrouver le plus haut niveau.

L'enfant prodige ultra-polyvalent, annoncé à ses débuts comme "le nouveau Killy", mais qui n'a jamais remporté l'or olympique contrairement à son illustre prédécesseur, n'a plus gagné depuis son titre mondial à domicile en 2023.

Il avait alors souhaité poursuivre en prenant un virage décisif: abandonner le slalom pour tenter de gagner une descente, la discipline reine et la seule dans laquelle il ne s'est jamais imposé.

- "La carotte est insuffisante" -

Mais à déjà 30 ans passés, "Pintu" avait été rattrapé par deux grosses blessures aux genoux en janvier 2024, puis en janvier 2025, dont il s'est remis péniblement non sans songer, déjà, à tout arrêter.

C'est la perspective d'ultimes Jeux olympiques, dans les Alpes pour la première fois de sa carrière, en Italie, qui l'avait motivé à continuer cette saison. Mais le skieur de Courchevel, en manque de résultats, n'a pas réussi à se qualifier.

"L'objectif qui me motivait, c'était cette olympiade, et je n'ai pas réussi à le mener à bien. C'est aussi pour ça que je ne me vois pas continuer davantage: la carotte est à ce jour insuffisante pour moi", a expliqué Pinturault, papa depuis deux ans d'une petite Olympe.

"Je pense que j'ai eu une vie de sportif riche, une vie remplie de plaisir, de bonheur et c'est une grande chance. C'est aussi des grands sacrifices pour les familles, et il y a un moment où il faut être un peu plus présent pour d'autres choses", a-t-il affirmé.

Le skieur de Courchevel n'en a pas encore tout à fait terminé avec la compétition: il prendra pour la dernière fois le départ d’une étape de Coupe du monde le 24 mars à Hafjell en Norvège, pour les finales du géant.

- "Merci" -

Avant ça, il fera ses adieux à son public savoyard dès dimanche lors de l'Eclipse de Courchevel, quand il s'élancera comme ouvreur du super-G de Coupe du monde, "histoire de saluer le public français et de remercier mon club, mes partenaires, la fédération".

Avec l'annonce de sa retraite, une immense page se tourne pour le ski français, qui vient de dire au revoir à Adrien Théaux, doyen du circuit qui a participé à une ultime épreuve de Coupe du monde vendredi, à 41 ans dont 22 sur le circuit.

Pinturault a également inspiré toute une génération de skieurs, comme certains de ses coéquipiers plus jeunes qui le qualifient d'"idole de jeunesse".

"Si j'ai pu créer des vocations, je dirais qu'il y a une part de la mission qui est accomplie", a souligné Pinturault samedi. Mais laisser une trace "n'a jamais été quelque chose qui a dicté ma carrière", a-t-il conclu, "fier" malgré tout de la carrière réalisée.

V.Meyer--PP