Petit Parisien - Coupe de France: une finale comme un supplice pour Nice

Paris -
Coupe de France: une finale comme un supplice pour Nice
Coupe de France: une finale comme un supplice pour Nice / Photo: FRANCK FIFE - AFP

Coupe de France: une finale comme un supplice pour Nice

Elle aurait dû être une fête et un moment de partage populaire, mais la finale de la Coupe de France, vendredi contre Lens au Stade de France, se transforme en souffrance pour Nice, en pleine crise et qui jouera son avenir en Ligue 1 lors des barrages la semaine prochaine.

Taille du texte:

"C'est un vrai supplice", reconnaît Maurice Cohen, ancien président des années de galère, revenu en janvier comme vice-président délégué. Il savait que la tâche de rattraper le bateau ivre serait compliquée, "mais c'est pire que ce qu'on pensait", avoue-t-il.

Car rien ne va plus autour et au sein du club. Alors que les tensions semblaient apaisées, les ultras de la tribune Populaire Sud ont de nouveau dérapé dimanche, après le piteux match nul concédé contre Metz (0-0).

Souvent protégés par le président Jean-Pierre Rivère et par le nouveau maire Eric Ciotti - qui n'a pas condamné leurs violences dimanche soir, contrairement au préfet -, les ultras ont été débordés par leur frange la plus radicale.

-"C'est triste"-

Après Metz, l'entraîneur Claude Puel et le tandem Rivère-Cohen ont demandé l'union sacrée. Mais le mal était fait et le club jouera ses deux prochains matches à huis clos. Même si l'OGCN a fait appel, le retour contre Saint-Étienne le 29 mai, match le plus important de la saison, devrait bien se dérouler sans soutien populaire.

"Je pense que la sanction est très lourde, trop lourde", a déploré Claude Puel jeudi en conférence de presse.

"C'est triste, souffle Cohen. Rien ne nous est épargné. Mais il y a eu tellement d'incidents..."

Les plus radicaux des ultras sont pourtant loin d'être majoritaires chez les supporters du club. "Mais ces derniers n'ont pas assez d'écho", indique-t-on en interne sous couvert d'anonymat. Le sujet est en effet sensible et crispe.

Signe de cette fracture, seuls dix bus partiront pour la finale au Stade de France, soit 50% de moins que prévu. Les ultras avaient pourtant mis la pression sur le club, qui ne parvenait pas à trouver un accord avec la SNCF pour dédier un train à tarifs spéciaux.

Malgré ce manque d'engouement, cette finale pourrait engendrer de nouveau incidents. Club et autorités évoquent la possibilité de +fights+ entre groupes ultras antagonistes, ceux de Nice étant très proches de certains groupes lillois, rivaux historiques de Lens.

- "Renverser la table" -

Les joueurs, eux, sont sous pression depuis les incidents de la nuit du 1er décembre. La colère de 400 supporters venus au centre de performance avait dégénéré après la défaite à Lorient (3-1). Terem Moffi, Jérémie Boga et le directeur sportif Florian Maurice avaient été pris pour cible. Les deux premiers, prêtés depuis, et le club ont porté plainte contre X. D'autres, comme Hicham Boudaoui, sont restés mais vivent mal la situation.

Pour le staff, l'essentiel est désormais de tenter de conserver le groupe uni, impliqué et dans une bulle. Mais un nouveau problème est apparu: les internationaux disputant la Coupe du monde devraient être mis à disposition de leur sélection après la finale. Cela concerne avec certitude Ali Abdi (Tunisie), Elye Wahi (Côte d'Ivoire), Yehvann Diouf et Antoine Mendy (Sénégal), mais aussi peut-être Hicham Boudaoui (Algérie) et Kojo Oppong (Ghana).

"Les joueurs ont envie d'être présent (pour les barrages) et les fédérations que l'on a sollicitées jusque-là ont été compréhensives", a tenu à rassurer Puel jeudi.

Alors que les Aiglons vont jouer leur survie en L1 dans ces conditions difficiles la semaine prochaine, "la priorité n'est plus à la Coupe de France, même si elle n'est pas accessoire", a reconnu Rivère dimanche soir. En cas de victoire, aucune célébration n'est d'ailleurs prévue.

Même s'il n'est pas parvenu à stopper la chute depuis son arrivée fin décembre, Puel continue pourtant d'y croire et ne veut pas galvauder cette finale.

"Si on se dit +on ne joue pas la finale+ et qu'on perd sans jouer et sans combattre. Vous pensez qu'on va mieux se comporter lors des deux matches qui vont suivre?, a répondu l'entraineur niçois. Une finale c'est magnifique et ça se joue à fond."

M.Giraud--PP