Italie: privé de Ligue des champions, l'AC Milan fait le ménage et se sépare d'Allegri
Le propriétaire de l'AC Milan Gerry Cardinale n'a pas perdu de temps: au lendemain de la désastreuse défaite de son équipe contre Cagliari (2-1) qui a privé le club rossonero de Ligue des champions, il a licencié lundi son entraîneur Massimiliano Allegri et plusieurs dirigeants.
Venu à San Siro pour la 38e et dernière journée de la Serie A dimanche, Cardinale en est reparti prématurément et dans une colère noire dès le coup de sifflet final. Au lieu de fêter la 3e place qui semblait promise à leur équipe et la qualification pour la prochaine Ligue des champions, indispensable aux finances d'un club fragile, les tifosi ont conspué leurs joueurs qui ont terminé à la 5e place, dépassés par l'AS Rome et Côme, tandis que l'homme d'affaires américain s'est enfermé dès dimanche soir et toute la journée de lundi dans son hôtel pour réfléchir à l'avenir de son club.
Peu après 18h30 (16h30 GMT), le patron de RedBird Capital Partners a fait publier sur le site internet du Milan un communiqué qui n'a épargné personne.
"Après la déception de la saison dernière (terminée à la 8e place, NDLR), la mission fixée par le propriétaire était claire: revenir en Ligue des champions et poser les bases pour gagner et rester durablement au sommet de la Serie A", explique le texte.
- "Profonde réorganisation" -
"Pendant une grande partie de la saison, nous sommes restés aux deux premières places du championnat, avec la réelle possibilité de lutter pour le Scudetto. Cependant, la fin de saison a été bien en deçà du niveau affiché jusque-là et la décevante défaite d'hier soir a transformé cette saison en un échec sans équivoque", poursuit le communiqué.
"L'heure est venue d'un changement et d'une profonde réorganisation du secteur sportif du club. Se concluent avec effet immédiat les missions de l'administrateur général Giorgio Furlani, du directeur sportif Igli Tare, de l'entraîneur en chef Massimiliano Allegri et du directeur technique Geoffrey Moncada", conclut le texte.
Conseiller spécial du propriétaire, l'ancien buteur Zlatan Ibrahimovic, très critiqué par les tifosi, a en revanche conservé son poste.
Principale victime de ce coup de balai, Allegri, 58 ans, sera resté en poste moins d'un an. L'ancien entraîneur de la Juventus, qui avait déjà entraîné le Milan entre 2010 et 2014 avec à la clef un titre de champion d'Italie en 2011, paie l'effondrement de son équipe lors de la phase retour. Elle n'a en effet empoché que 28 points lors des 19 dernières journées contre 42 lors de la phase aller.
- Six défaites en un mois et demi -
Alors que son équipe, leader du championnat pendant quatre journées, est restée invaincue entre la 2e et la 25e journée (15 victoires, 9 nuls), elle a commencé à flancher à partir de fin février et a fini la saison à bout de souffle avec six défaites lors des dix dernières journées.
Conséquence, malgré l'arrivée du maître à jouer croate Luka Modric, le Milan a fini à 17 longueurs de son grand rival, l'Inter, qu'il a battu à deux reprises (1-0) cette saison mais qui a lui empoché son 21e titre de champion et réalisé le troisième doublé Serie A/Coupe d'Italie de son histoire.
Le Milan va donc connaître un cinquième entraîneur depuis 2024 après Stefano Pioli, les Portugais Paulo Fonseca et Sergio Conceiçao, et Allegri donc. Pour lui succéder, les noms d'Antonio Conte, qui vient de résilier son contrat avec Naples, et de Raffaele Palladino, en poste à Bergame, sont cités par la presse spécialisée.
Le grand ménage parmi les dirigeants annonce un renouvellement profond de l'effectif. Souvent pointé du doigt pour son inconstance et pris en grippe par les tifosi, l'attaquant portugais Rafael Leao devrait ainsi partir, tandis que l'avenir de Modric et d'Adrien Rabiot pourrait aussi s'écrire loin de Milan.
D.Laporte--PP