Mondial-2026: le foot se joue à 11 et désormais l'Allemagne perd à la fin
Et un! Et deux! Et trois fiascos! Pour l'Allemagne, les Coupes du monde se suivent et se ressemblent depuis 2018, inéluctable déclassement sur la scène internationale d'une nation au vivier actuel restreint, et sans grande perspective pour les années à venir.
. Un déclin continu
"Ça fait douze ans qu'on n'a rien accompli. Quand on sort dès le premier match à élimination directe, c'est clairement trop peu. Ce serait prétentieux de dire que nous faisons encore partie du gratin mondial. Ce n'est pas le cas", a reconnu le sélectionneur allemand Julian Nagelsmann après la défaite contre le Paraguay en 16es de finale du Mondial-2026.
La maxime de Gary Lineker, +le foot est un sport qui se joue à 11 et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne+, appartient désormais à un passé très lointain, alors que la Mannschaft a perdu son premier match au tirs aux buts en Coupe du monde.
Depuis le quatrième et dernier triomphe planétaire au Brésil en 2014, l'Allemagne connait une inédite période de disette, privée de dernier carré international (Mondial ou Euro) depuis une décennie, dont trois humiliations en Coupe du monde -1er tour en 2018 et 2022, 16es de finale en 2026.
. Un réservoir limité
Comme l'a souligné le bi-hebdomadaire kicker, l'actuel réservoir allemand est assez limité, en comparaison avec des nations comme la France, l'Angleterre ou l'Espagne.
Le moindre accroc se fait immédiatement ressentir dans les résultats. Un début de réveil allemand s'était dessiné à l'Euro-2024 à domicile (défaite en quarts de finale contre l'Espagne), autour du duo Jamal Musiala/Florian Wirtz.
Mais les deux joyaux (23 ans) du foot allemand ont connu une saison compliquée, entre un retour progressif mais poussif d'une grave blessure pour Musiala, et une première expérience en demi-teinte en Premier League anglaise avec Liverpool pour Wirtz.
Les blessures en amont du Mondial de Serge Gnabry ou de Lennart Karl, et de Nico Schlotterbeck pendant, ont également mis en lumière la faiblesse de banc de l'Allemagne, qui conserve pourtant des résultats dans les compétitions de jeunes (finaliste de l'Euro-2025 des moins de 21 ans, battue par l'Angleterre après avoir éliminé la France).
"Nous avons traditionnellement accordé énormément d'importance au collectif, au comportement tactique, à la fiabilité et à la mentalité. Mais aujourd'hui, cela ne suffit plus", a estimé l'ancien directeur de l'académie de la Fédération, Tobias Haupt, pour le portail t-online.
Les jeunes pousses Lennart Karl (18 ans), révélation offensive de la saison en Bundesliga, ou Jonas Urbig (21 ans) dans les buts, donnent quelques rares motifs d'espoir. "On a de nombreux jeunes talents, mais ça prend du temps pour qu'ils puissent réaliser de grandes choses", a commenté Nagelsmann.
. Défense et attaque en peine
"Les rencontres se décident dans les deux surfaces de réparation. Et une nouvelle fois, on n'a pas réussi à défendre notre surface, et on n'a pas réussi à se créer des situations décisives devant", a estimé après la rencontre le défenseur et champion du monde 2014 Per Mertesacker, consultant pour la télévision publique allemande ZDF.
Par le passé, la défense et l'attaque constituaient les forces de la Mannschaft, au pays des défenseurs Ballons d'Or Franz Beckenbauer et Mathias Sammer, et des buteurs de génie comme Gerd Müller ou Miroslav Klose, longtemps au sommet du classement des meilleurs buteurs en phases finales de Coupe du monde.
Mais le dernier match de l'Allemagne sans encaisser de but dans un Mondial remonte à la finale en 2014 contre l'Argentine. Les garanties offertes en 2026 par la charnière Antonio Rüdiger et Jonathan Tah ont été inexistantes.
Et le dernier rempart de 2014, Manuel Neuer, est sorti de sa retraite internationale pour le Mondial-2026 sans trop de succès.
Enfin en attaque, depuis la retraite de Miroslav Klose à l'été 2014, l'Allemagne traîne comme un boulet l'absence d'un avant-centre de classe mondiale capable de débloquer des situations compromises comme contre le Paraguay.
. Nagelsmann au centre des critiques
Sélectionneur depuis septembre 2023 et encore sous contrat jusqu'en 2028, Julian Nagelsmann se trouve au centre des critiques en Allemagne, notamment le fait de positionner le capitaine Joshua Kimmich en défenseur latéral, alors qu'il joue milieu de terrain au Bayern.
"Si la Fédération veut que je continue, je continuerai. Et si elle ne le veut pas, elle peut me le dire. Je sais comment le football fonctionne", a expliqué Nagelsmann, soutenu par le directeur sportif Rudi Völler.
L'ombre de Jürgen Klopp, consultant pour le diffuseur Magenta TV, a plané au-dessus de la Mannschaft durant tout le Mondial.
L.Marion--PP