Mondial féminin de basket: retrouvailles et plafond de verre pour les Bleues
L'équipe de France féminine de basket-ball aborde les quarts de finale de la Coupe du monde, son plafond de verre, sur la lancée d'une phase de poules parfaite et face à son bourreau de l'édition 2022, la Chine, jeudi (14h30) à Berlin.
C'est une anomalie au regard de leurs résultats depuis une vingtaine d'années, à commencer par les médailles ramenées des Jeux olympiques 2021 (bronze) et 2024 (argent), et de leur vivier: les Bleues ont systématiquement buté sur les quarts de finale du Mondial au XXIe siècle, soit six fois de suite.
Elles n'ont en fait jamais participé aux demi-finales: c'est à l'issue d'une poule finale qu'elles sont montées sur le seul podium de leur histoire, troisièmes en 1953 du premier Mondial disputé avec pour seules équipes européennes la France et la Suisse...
Et sans même remonter au XXe siècle, où leurs prédécesseures ont plus souvent raté le rendez-vous mondial qu'elles n'y ont participé, les Françaises balaient tout idée de malédiction aux portes du dernier carré, à l'image de Valériane Ayayi.
"C'est le premier match couperet, ce n'est jamais pareil (que les poules). Mais il n’y a pas du tout de malédiction ou quoi que ce soit. On veut juste continuer à avancer" a déclaré l'ailière, qui était absente il y a quatre ans à Sydney, lorsque les Françaises décimées s'étaient assez largement inclinées face aux Chinoises (85-71) pour la première compétition sur le banc de Jean-Aimé Toupane.
- Des statistiques éloquentes -
Marième Badiane, l'une des trois rescapées de ce match (avec Gabby Williams et Migna Touré), balaie le terme de revanche: "Leur équipe est très différente, la nôtre aussi. Là ça sera vraiment un match de plus pour travailler et avancer dans la compétition."
Jusqu'ici, la pivot et ses équipières ont même roulé à vive allure sur l'Autobahn ("autoroute" en allemand) de la phase préliminaire, signant trois larges succès contre la Hongrie (99-53), la Corée du Sud (95-69) et le Nigeria (111-56).
Elles affichent (et de loin) la meilleure moyenne de points marqués des poules (101,7), le meilleur pourcentage d'adresse à 2 pts (66,7%) et à 3 pts (48,5%), le plus grand nombre de passes décisives (26,7 en moyenne) et d'interceptions (13,7). Quant à Williams, la capitaine, elle domine le classement des meilleures marqueuses (18,7 pts par match).
Le feu est vert mais l'expérimentée Romane Bernies rappelle le précédent de l'Euro-2025, conclu au pied du podium, en l'absence certes de plusieurs cadres.
- "Etapes de montagne" -
"On avait fait une bonne première partie (de compétition), on avait été adroites à l'extérieur (à 3 pts) aussi et pourtant on n'a pas fait ce qu'il fallait. Il faut garder les pieds sur terre. Le staff fait un très bon boulot pour nous rappeler qu'il y a des choses à corriger" a déclaré la meneuse.
Le chef du staff, Toupane, a filé la métaphore cycliste pour parler de la phase finale qui débute: "On arrive sur les étapes de montagne, ça change un petit peu, ça va monter un petit peu."
Il a également souligné le défi posé sur des "situations spécifiques" par la géante Zhang Ziyu (2,23 m) et souhaité que l'adresse extérieure perdure "car c'est une équipe qui propose beaucoup de défense de zone".
Son équipe aborde ce changement de braquet avec l'état d'esprit du premier de la classe, sûre de ses capacités après avoir bien travaillé.
"Il y a beaucoup de sérieux. Il ne faut pas se dire que parce qu'on a joué comme ça (au premier tour), on va gagner. Il ne faut pas non plus être nerveuses ou stressées mais s'appuyer sur la confiance engrangée" a estimé Dominique Malonga.
"Il faut s'assurer de jouer notre basket, d'imposer notre rythme, être intenses comme on l'a toujours fait. Généralement, quand on joue comme ça, très peu d'équipes peuvent rivaliser contre nous" a-t-elle ajouté. C'était assurément le cas en poules.
D.Clement--PP