Champions Cup : Menoncello, le roc de Trévise à l'heure toulousaine
Seule recrue de l'intersaison toulousaine, le massif centre italien Tommaso Menoncello, "un joueur de classe internationale" selon ses nouveaux partenaires, cherche ses marques et découvrira dimanche la scène européenne en rouge et noir.
Quelques fulgurances, un pépin physique et des automatismes encore à trouver : les débuts toulousains du trois-quarts de 24 ans, élu meilleur joueur du Tournoi des six nations en 2024, n'ont pas été parfaits.
Certes, la première apparition de Tommy a Ernest-Wallon dimanche contre Bayonne a été mitigée, avec un carton jaune pour un plaquage haut et des montées défensives hasardeuses.
Mais les promesses qu'il avait affichées sous les couleurs de la sélection italienne et de son ancien club de Trévise ont de quoi largement rassurer le staff toulousain et ses partenaires, avant ses débuts en Champions Cup dimanche contre Exeter (16h15), où il commencera la partie sur le banc.
"Il est impressionnant par ses qualités physiques, il n'y a pas beaucoup de centres dans son profil explosif", explique à l'AFP le demi de mêlée Paul Graou.
- "Puissance" -
Il faut dire que Menoncello, arrivé cet été dans la Ville Rose, n'a pas tardé à montrer ce dont il était capable, en transperçant avec une facilité déconcertante la défense rochelaise dès la première journée. Il avait ensuite manqué les trois matches suivants, touché au mollet.
Capable de jouer 12 ou 13, et même à l'aile, le centre a de quoi terroriser ses adversaires avec une carrure hors norme, un haut du corps taillé dans le chêne italien et des jambes de feu.
"C'est un joueur de classe internationale, pour le groupe, il va avoir un rôle fondamental, on espère qu'il va apporter sur le terrain tout ce qu'il sait faire, sa puissance physique dans les duels en attaque, parce qu'en vérité, très peu de joueurs ont cette vitesse et cette puissance pour faire des différences", souligne auprès de l'AFP son compère au centre Santiago Chocobares, lui-même docteur ès démolition de défenses.
Le Vénétien a connu une trajectoire aussi étincelante que constante avant d'arriver à Toulouse, grandissant à toute vitesse avec le Benetton Trévise au sein de l'United Rugby Championship, et collectant 41 capes avec l'Italie.
Il avait idéalement lancé sa carrière internationale en devenant le plus jeune joueur à marquer dans l'histoire des Six nations contre la France, en 2022.
Il n'a ensuite connu qu'une seule ombre au tableau qu'il s'applique à esquisser depuis ses débuts chez les professionnels : une blessure au biceps gauche, qui l'avait privé du Mondial-2023 en France.
"On l'a vu pendant trois, quatre ans au Six nations, il a enchaîné des performances vraiment impressionnantes. C'est un joueur complet qui sait tout faire, c'est une recrue de grande classe", savoure auprès de l'AFP Kalvin Gourgues, son pendant français de trois ans son cadet.
- Capuozzo au soutien -
Seul +petit+ nouveau dans un effectif quadruple champion de France en titre, Menoncello peut compter sur l'appui d'Ange Capuozzo, l'autre international italien de l'effectif, pour assurer une intégration expresse... et jouer les traducteurs.
"Ange a facilité son accueil, Tommy est quelqu'un de très sympathique, il commence à apprendre quelques mots (en français), on communique bien avec son anglais et il y a quelques joueurs qui baragouinent en italien", indique Graou.
"On sent qu'il n'est pas venu ici juste comme ça, en visiteur", complète Gourgues.
Avec le jeune bleu (quatre sélections) mais aussi Pierre-Louis Barassi (28 ans, 13 sél.) ainsi que le Puma Santiago Chocobares (27 ans, 35 sél.), le buffle de Trévise vient pour densifier la concurrence chez les centres, un peu moins d'un an après le départ du taulier néo-zélandais Pita Ahki.
"Au final, on est quatre internationaux", résume Kalvin Gourgues avant de poursuivre: "Avoir autant de concurrence au poste, c'est forcément bien pour l'émulation du groupe, on se tire la bourre pour être sur le terrain ou sur le banc et faire partie des 23".
C.Chevalier--PP