Petit Parisien - Léon XIV célèbre Pâques pour la première fois, assombries par la guerre

Paris -
Léon XIV célèbre Pâques pour la première fois, assombries par la guerre
Léon XIV célèbre Pâques pour la première fois, assombries par la guerre / Photo: Andreas SOLARO - AFP

Léon XIV célèbre Pâques pour la première fois, assombries par la guerre

Léon XIV célèbre dimanche Pâques pour la première fois, la fête la plus importante du calendrier chrétien étant assombrie cette année par la guerre au Moyen-Orient qui entraîne de lourdes restrictions pour les fidèles de la région.

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Le pape américain présidera la messe de Pâques sur la place Saint-Pierre au Vatican à 08H30 GMT, avant de prononcer à 10H00 GMT sa traditionnelle bénédiction "Urbi et Orbi" (à la ville et au monde) devant des milliers de fidèles, un discours particulièrement attendu cette année.

Samedi soir, l'ombre du conflit au Moyen-Orient planait sur la Vigile pascale célébrée sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome, une cérémonie riche en symboles représentant la résurrection du Christ à travers le passage des ténèbres à la lumière.

Dans son homélie, le chef de l'Eglise catholique a appelé à "un monde nouveau, de paix et d’unité", dénonçant les divisions créées par "la guerre, l'injustice, la fermeture entre les peuples et les nations".

Ces derniers jours, le pape, natif de Chicago, a multiplié les appels diplomatiques, allant jusqu'à interpeller Donald Trump qu'il a invité à "chercher une porte de sortie" au conflit.

De la vieille ville de Jérusalem, désertée et barricadée, au sud du Liban où les villages chrétiens sont en première ligne des bombardements israéliens, la guerre confère aux à Pâques une tonalité grave qui contraste avec la joie habituelle des festivités.

A Jérusalem, les célébrations liturgiques dans la basilique du Saint-Sépulcre, édifiée sur le lieu de la Résurrection de Jésus selon la tradition, se tiennent à huis clos suite aux restrictions sur les rassemblements imposées depuis le déclenchement de la guerre avec l'Iran le 28 février.

"C'est la première fois de ma vie que je vois un lieu saint totalement fermé", a confié à l'AFP Jack Straw, un habitant de la vieille ville de Jérusalem.

"C'est triste... Le Sépulcre est vide. C'est le symbole de l'événement le plus important de l'histoire chrétienne", a ajouté l'homme de 52 ans, disant espérer "que cette fermeture ne durera que cette année".

- "Tragique"-

"Les portes restent closes", a déclaré dans son homélie le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, lui-même empêché d'entrer dimanche dernier par la police israélienne, un incident qui avait suscité un tollé international.

"Le silence est presque absolu, seulement troublé au loin par les ravages que la guerre continue de causer sur cette terre sainte et déchirée", a-t-il déploré, selon le texte publié par son bureau.

Même tonalité au Liban où les localités à majorité chrétienne du sud sont prises au piège des combats en cours depuis un mois entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par l'Iran.

À Debel, près de la frontière israélienne, les habitants se préparent à célébrer la messe de Pâques dimanche matin, alors que résonnent sans relâche les bombardements autour du village, désormais presque totalement coupé du monde et dépendant des convois d'aide humanitaire.

"La situation est tragique", a confié samedi à l'AFP un responsable de la ville, Joseph Attieh. "Les gens sont terrifiés. Les bombardements et les tirs n'ont pas cessé" depuis vendredi soir.

Malgré tout, la messe de Pâques aura lieu comme prévu. "Nous avons confiance en Dieu" a affirmé M. Attieh, car "c'est le seul espoir auquel nous ne renoncerons pas". Selon lui, un convoi d'aide doit arriver dimanche à Debel, en présence du nonce apostolique - l'ambassadeur du Saint-Siège.

A Dubaï, aux Emirats arabes unis, les messes sont annulées depuis vendredi et jusqu'à nouvel ordre "suite aux directives du gouvernement". A Damas, elles ont été limitées à l'intérieur des églises, après des tensions dans une ville chrétienne du centre de la Syrie.

A Rome, Pâques ravive aussi la mémoire du pape François: en 2025, le jésuite argentin avait fait sa dernière apparition publique lors d'un ultime bain de foule sur la place Saint-Pierre le dimanche de Pâques, quelques heures avant sa mort.

Cette Semaine Sainte a été l'occasion pour son successeur d'imprimer davantage sa marque en revenant à une liturgie plus classique: pour le Jeudi saint, il a lavé les pieds de 12 prêtres, et a porté lui-même la croix lors du Chemin de Croix au Colisée vendredi soir.

N.Rollin--PP